1. 0218 Tout peut prendre fin lorsqu’on s’y attend le moins.


    Datte: 04/08/2021, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds

    ... mots.
    
    Plusieurs kilomètres plus loin, je n’ai toujours pas trouvé ni l’un ni les autres. La fine pluie a cessé. Le brouillard est toujours épais, mais il a l’air de vouloir se dissiper au loin. Ce qui ne semble pas être le cas de celui qui plombe l’humeur de mon bobrun.
    
    Le silence dans la petite voiture se prolonge et devient de plus en plus gênant. De temps à autre j’essaie de faire la conversation, mais le bobrun n’est vraiment pas causant ce matin.
    
    Faute de savoir comment lui parler, je le regarde en train de conduire. Sa façon de tenir le volant, en l’empoignant fermement, est très virile. J’ai toujours aimé regarder mon Jérém au volant, car il dégage quelque chose à la fois de très sexy et de profondément rassurant. J’ai l’impression que rien ne peut m’arriver quand je suis en voiture avec lui. Que je pourrais le suivre jusqu’au bout du monde.
    
    Soudain, les souvenirs d’autres voyages dans la 205 rouge remontent en moi, les souvenirs de retours de boîte de nuit vers l’appart de la rue de la Colombette, souvenirs de l’époque de ma totale soumission à ses envies de mâle dominant. Lors de ces voyages, Jérém était silencieux aussi, et distant. Et si, comme je le craignais, ce qui s’est passé cette nuit marquait un retour en arrière drastique ?
    
    Nous traversons le village de La Mongie, nous apercevons le départ du téléphérique sans apercevoir le Pic du Midi, enveloppé par le brouillard.
    
    « T’es déjà monté tout en haut ? » je le questionne.
    
    « Oui, il y a ...
    ... quelques années, mais c’était un jour comme aujourd’hui, couvert ».
    
    « Alors t’as rien vu ».
    
    « Si, j’ai vu la mer de nuages. Le sommet est quasiment tout le temps au-dessus des nuages. On les traverse avec le téléphérique. Là-haut, il fait soleil presque en permanence ».
    
    « Ça doit être beau la mer de nuages ».
    
    « Ça l’est, mais on ne voit rien du paysage ».
    
    « J’aimerais y monter un jour ».
    
    « C’est pas donné, mais ça vaut le coup ».
    
    « J’aimerais qu’on y monte tous les deux » je précise mon propos.
    
    « Il faut y monter l’été » c’est sa réponse laconique, alors qu’il vient d’allumer la radio, comme pour faire diversion.
    
    Les petites enceintes de la voiture grésillent sur une fréquence chargée de bruits parasites.
    
    « Vas-y, cherche une station qui capte » il me lance, en remettant sa deuxième main sur le volant.
    
    Mais moi, au contraire, j’ai envie d’éteindre, et de chercher à savoir enfin ce qui le chagrine.
    
    Et pourtant, je m’exécute. Mais j’ai beau parcourir plusieurs fois de bout en comble le spectre entre 88 et 108 MHz, je ne capte que des bouts de mots et de musiques parasités par d’insupportables grésillements.
    
    Du moins, jusqu’à ce que je tombe sur une chanson bien connue et qui me prend instantanément aux tripes. Par chance, la station semble relativement stable, le grésillement est toujours présent mais acceptable.
    
    https://www.youtube.com/watch?v=oCZWdyBjI_8&list=RDoCZWdyBjI_8&start_radio=1&t=25#t=0m47s
    
    (…) Il y aura certainement/Sur les ...
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