1. 0218 Tout peut prendre fin lorsqu’on s’y attend le moins.


    Datte: 04/08/2021, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds

    ... recommencer. Mais pitié, reviens Jérém, reviens vite, s’il te plaît !
    
    Je regarde le portable une nouvelle fois, toujours « Pas de réseau ». Fait chier ! Je sens comme une boule s’installer dans mon ventre, grandir de minute en minute, m’oppresser, me couper le souffle.
    
    Je panique, je commence à bâtir les scenarios les plus catastrophiques, mon bobrun qui change son attitude du tout au tout, qui n’assume à nouveau plus rien, ni notre plaisir, ni nos câlins, ni notre amour. Je le vois faire marche arrière toute, me dire de partir vite et de ne plus jamais essayer de le contacter. J’ai peur de son regard noir, de sa colère. Une fois encore, je ressens la sensation que j’ai tant de fois ressentie en partant de l’appart de la rue de la Colombette, et notamment ce fameux matin où je m’étais réveillé seul dans son lit, la sensation que je ne le reverrai plus jamais, qu’il va me laisser tomber comme ça, sans explications et sans recours possible.
    
    Non ce n’est pas possible, pas après ce qu’on a vécu ce week-end, pas après ce qu’on a entendu à l’asso. Non, il ne va pas m’abandonner dans cette petite maison, il ne va pas me quitter de cette façon. Ce n’est pas possible. Et pourtant, je commence à imaginer que ça puisse être possible.
    
    Pendant un instant, je me dis qu’il ne reviendra pas. Je regarde ma voiture et je me dis qu’il ne me reste qu’à ramasser mes affaires et partir. Puis, le crépitement dans la cheminée me fait prendre conscience que ce feu est un signe qui ...
    ... devrait me réconforter. S’il comptait ne pas revenir, il n’aurait pas pris la peine d’ajouter du bois et de faire flamber.
    
    Et pourtant, je n’arrive pas à me rassurer. Je ne tiens plus en place. Je me lève, je regarde une nouvelle fois par la fenêtre. Toujours pas de voiture. Je fais le tour de la petite maison, je regarde sur chaque meuble à la recherche d’un mot qu’il m’aurait laissé. Rien du tout. Je panique.
    
    Je commence à m’habiller à toute vitesse, bien décidé à prendre ma voiture et à me rendre à la superette chez Martine et chez Charlène pour savoir si elles ont vu mon Jérém.
    
    Je viens tout juste de passer mon boxer, mes chaussettes et mon pantalon, lorsque j’entends un bruit de moteur. Je regarde une nouvelle fois par la fenêtre, et je vois la 205 rouge se garer devant la porte.
    
    Mon cœur s’emballe, je suis soulagé, j’ai l’impression de respirer à nouveau après un trop long moment d’apnée, ma boule au ventre se dissipe d’un coup. Soudain, je me trouve idiot d’avoir imaginé « le pire ».
    
    La porte d’ouvre, le bogoss rentre dans le petit séjour. Immanquable pull capuche gris sur t-shirt blanc, short en dessous du genou, baskets, cheveux bruns en bataille, peau mate, il est sexy à mourir. Qu’est-ce que ça fait du bien de le voir enfin !
    
    « Salut petit loup » je lui lance en m’approchant de lui pour l’embrasser.
    
    « Salut » il me lance, laconiquement.
    
    Mais elle est passée où la mention « ourson » ? Très vite, j’ai l’impression que quelque chose cloche ce ...
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