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Salade de fruits
Datte: 19/07/2021, Catégories: fh, couple, aliments, amourpass, Auteur: Patrik, Source: Revebebe
... quelques salades de fruits et transformer le reste en compotes et confitures. Mais elle (comme moi d’ailleurs) n’avait pas prévu qu’il y en aurait autant ! Et quand je vois l’immense tas qui trône sur la table, je me dis que nous ne sommes pas sortis de l’auberge… — Je peux arrêter là si tu veux, ma chérie… — Je veux bien ! Mais faudra en refaire un peu demain sinon, tout va être gaspillé ! Le gaspillage est une chose que Katia déteste. Elle me dit souvent que si je suis dans sa vie, c’est uniquement parce qu’elle estimait que je perdais mon temps avec mon ex et que, du coup, c’était du gaspillage et comme elle n’aime justement pas le gaspillage, elle avait décidé de me recycler pour elle, par pure charité. Ce fut fort réussi ! J’attrape la bouteille d’eau que je lui tends : — T’en veux ? — Oui, merci ! Et elle boit au goulot si avidement que deux ou trois filets d’eau glissent le long de son cou. Il y en a même un qui s’en va se perdre dans l’échancrure de sa blouse blanche, celle de ses travaux de chimie. J’aimerais bien être cette goutte d’eau ! A présent, nous épluchons tous les deux la montagne de fruits. Je reconnais que ce n’est pas ce que j’ai fait de plus amusant dans ma vie. Et vas-y que j’épluche, les queues coupées, les grains arrachés, les coups et gnons taillés, je ne fais pas dans la dentelle, car si c’est amusant cinq minutes, ça devient vite pénible après. La montagne diminue, Katia est prise de frénésie, elle se jette sur les fruits, ...
... taille, coupe avec une violence que je ne lui connaissais pas. Je suis content d’être de l’autre côté de la table. Les morceaux de fruits valsent dans toutes les directions. Je suis impressionné car les déchets vont au sol et ce qui est mangeable atterrit toujours ou presque dans un récipient. Avide, elle s’empare d’une pauvre poire qui ne lui avait rien fait. Comme lointain, détaché, j’assiste alors au ralenti à cette scène surréaliste : Des doigts voraces agrippent la pauvre poire, la pression est phénoménale, la peau jaune du fruit s’enfonce, celle-ci résiste, le couteau s’approche irrémédiablement, les doigts se crispent plus encore, le fruit a des spasmes désespérés de défense, la pointe meurtrière du couteau est à quelques millimètre de la poire sans défense, celle-ci tente une ultime échappatoire dans les doigts glissants de pulpe mais Katia l’inflexible plante sauvagement la lame meurtrière dans la chair tendre. La poire explose littéralement. La pulpe jaillit dans tous les sens, je me baisse juste à temps, je manque de me percuter le menton sur la table. Quelque chose fuse derrière moi et s’en va s’écraser sur le mur dans un bruit sourd. Un chat miaule. Un regard à gauche, un autre à droite, je relève la tête et là… Totalement hébétée, ma pauvre Katia, les yeux fermés, la bouche ouverte, a le visage complètement maculé de pulpe gluante et blanchâtre qui dégouline lentement. Obsédé comme je le suis parfois, de la voir ainsi, le visage visqueux, ça m’a fait ...