1. Salade de fruits


    Datte: 19/07/2021, Catégories: fh, couple, aliments, amourpass, Auteur: Patrik, Source: Revebebe

    L’un des intérêts de la verte campagne réside dans la possibilité d’avoir un verger et ça tombe particulièrement bien puisque nous en avons un très beau sur le côté, rempli d’arbres fruitiers de toutes sortes : pommes, poires, pêches, cerises et plein d’autres variantes. Plein d’arbres partout, une véritable petite forêt.
    
    Le petit problème est que quand ça mûrit, il y en a partout et il faut se dépêcher de tout cueillir sinon les oiseaux des environs se font un plaisir de tout vandaliser ! Je me souviens fort bien, il y a pourtant longtemps, d’un beau cerisier bien chargé ; je m’étais dit qu’il serait toujours temps, demain, de ramasser ces kilos de cerises. Au petit matin, plus rien, sauf quelques noyaux désespérément attachés à leur tige… Par la suite, je fus témoin de divers nuages d’oiseaux s’abattant sur un arbre fruitier : dans la catégorie "nettoyage par le vide", c’est assez efficace !
    
    En cette fin de matinée, le soleil commence sérieusement à taper. Encore heureux que le coin soit ombragé, sinon je rôtirais doucement mais sûrement et pourtant, nous sommes en automne… Perché sur un escabeau branlant en train de cueillir des fruits mûrs, un chapeau de paille complètement déglingué sur la tête, je suis un spectacle ridicule à moi tout seul mais je préfère ça à un gros coup de soleil. Alors je cueille et mon seau se remplit, les senteurs un peu enivrantes des fruits mûrs m’enveloppent, prêtes à me faire tourner la tête.
    
    J’en suis à mon septième ou huitième ...
    ... seau que je rapporte à la fermette. Mon t-shirt détrempé me gêne, je l’ôte puis je le pose sur une chaise voisine. Durant ce temps, Katia ne reste pas inactive puisqu’elle épluche, coupe dans la montagne plantée au milieu de la table de cuisine. Déjà, deux grosses marmites posées sur la gazinière débordent et d’autres récipients parfois équivoques sont pleins eux aussi. Le sol est tellement jonché de morceaux indéfinissables que je ne peux faire autrement que de les écraser. Je me demande jusqu’à quand je ne glisserai pas sur cette pulpe ; j’aurais l’air bien, vautré au sol ainsi !
    
    Les chats, eux, ont compris, ils sont sagement étalés sur l’appui de fenêtre, en train de se faire dorer au soleil. Ils ont l’air de regarder tout ce chambard d’un œil narquois. N’empêche que j’aimerais bien être à leurs places en train de m’étirer à tout va et de profiter de la vie et de ses petits agréments !
    
    Je déverse mon seau sur la montagne ; des fruits tombent au sol. Une main posée sur un coin vierge de la table, je me frotte le front avec un torchon puis je demande :
    
    — Tu t’en sors ?
    — T’as le sens de l’humour, toi !
    
    Elle pose son couteau puis s’affale sur le dossier de sa chaise, les bras ballants :
    
    — Il y en a encore beaucoup comme ça ?
    — Je dois en avoir fait un tiers…
    — Quoi ? Seulement un tiers ??
    — Eh oui, un seul petit tiers !
    
    Katia souffle bruyamment, comme définitivement écœurée. Pourtant, c’est elle qui en a eu l’idée, au départ. Elle se voyait bien faire ...
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