1. Chroniques de Nemopolis (1)


    Datte: 18/06/2021, Catégories: Erotique, Auteur: Sin-A-Moon, Source: Xstory

    La pression au niveau de la section 4B n’arrêtait pas d’augmenter et l’écoutille d’accès à la pompe principale était toujours bloquée. Il était impossible qu’elle soit grippée, j’avais fait toutes les vérifications d’usage la veille : humidité, éventuelles traces de corrosion des engrenages, quantité de gaz du vérin hydraulique ; tout était en règle. Le temps de percer l’écoutille au chalumeau, nous risquions que la pompe ne tienne pas le coup, et par conséquent une rupture catastrophique de la machine. Une seule solution se présentait donc : il fallait ramper sous les grilles, dans la gaine par laquelle passaient toutes les canalisations, nous n’avions pas d’autres choix.
    
    Étant la seule femme de l’équipe, et donc la plus menue, la tâche me fut confiée par le chef. C’est comme ça que je me retrouvai à me faufiler dans un conduit à peine assez large pour moi, juste à côté de tuyaux dont la température avoisinait les 375K. Pour éviter au maximum les brûlures, j’avais eu l’idée de me recouvrir et d’imprégner ma tenue avec de l’argile. Cela ne tiendrait pas longtemps, car c’était une méthode peu efficace, mais je n’avais que quelques mètres à parcourir. En plus, il se trouvait que nous avions des stocks de ce matériau à portée de main, récupéré par les ouvriers foreurs sur les fonds, pour les besoins de la colonie.
    
    Me voilà donc en pleine glissade après m’être copieusement vautrée dans un container rempli d’une sorte de vase visqueuse. Le panneau de service se déboulonna ...
    ... sans heurt. Les premières coudées furent les plus faciles, poussées par mes acolytes. Il me restait une dizaine de mètres à parcourir par moi-même dans cet étouffant enfer. Je suais à grosses gouttes, mes cheveux collaient, et j’empestais une vieille odeur à mi-chemin entre l’œuf pourri et le rat mort. Mon calvaire allait bientôt prendre fin. Il ne me restait plus qu’à dévisser la grille d’accès tout en évitant soigneusement de toucher aux conduits. La tâche la plus délicate était de me saisir de mes outils fixés à ma ceinture. J’eus un mauvais mouvement et je touchai de l’épaule la plus grosse des canalisations. J’émis un cri et fis la moue, mais rien de bien méchant. Un coup de tournevis et le tour était joué.
    
    Une fois la grille enlevée, je me hissai hors de ce trou en prenant appui sur les murs en acier trempé. Une petite traction après avoir attrapé un tuyau mineur au plafond, et me voilà sortie de mon piège. Dans la pièce régnait une atmosphère chaotique, entre l’obscurité, la suffocante chaleur, l’alarme tonitruante, les voyants qui clignotaient de partout, la vapeur qui empêchait de bien voir à plus de quelques enjambées, et les sifflements stridents et inquiétants de la tuyauterie. Une fine lame d’eau dépassait des grilles au sol ; tout l’espace en dessous, contenant les diverses buses, était noyé. Je ne réfléchis pas plus, la situation étant critique, je sautai à pieds joints dans la flotte.
    
    Malgré ce tableau apocalyptique, j’arrivai à trouver mon chemin jusqu’à ...
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