1. Les histoires d'A...


    Datte: 09/06/2021, Catégories: fh, couplus, cérébral, Humour Auteur: Samuel

    Il venait de me sodomiser avec la fougue d’un taurillon que la feria de Pampelune aurait enivré, lorsqu’au petit matin les puissantes et écumantes cuisses déferlent dans les rues en rut, au point que mon anus hésitait encore à se refermer imaginant plaisamment un nouvel assaut. Mais au lieu de cela, à ma grande surprise, il m’adressa la parole :
    
    — Et si on se mariait ?
    — Mais qui nous épouserait ?
    — Tu ne m’as pas compris. Je voulais dire : si on s’aimait ?
    
    Chaque jour, je me demandais quelle débauche il allait encore inventer, mais cette fois la proposition me choqua. Bien sûr, je suis une fille ouverte, qui n’a pas honte de son corps, qui n’a pas peur de crier sa jouissance dans la nuit moite lorsque les voisins montent le son de Sacré Soirée. Je me prête à toutes les perversités, mais de là à s’aimer…
    
    — C’est-à-dire ?
    — C’est-à-dire qu’on ressentirait quelque chose l’un pour l’autre.
    — Oui, mais quoi ?
    — Eh ben, de l’amour.
    
    C’est alors que je me suis souvenue d’un exemple d’amour et que j’ai pris peur. Roméo et Juliette. Certes, ils s’aimaient. Mais mourir empoisonnée, pour remourir après avec un couteau parce que l’autre il a cru que vous étiez vraiment empoisonnée et que ça lui a fichu un tel coup qu’il s’est donné un coup de poignard direct dans le cou pour être sûr de son coup. Tout ça parce qu’il l’aimait beaucoup. Imaginons qu’il ne l’aime pas. Eh bien, il la trouve comme morte, il se dit qu’il pourrait bien la baiser encore une fois avant de ...
    ... l’enterrer. Comme il la prend en levrette, elle se réveille et lui dit : Oh, mon prince ! Et tout s’arrange. Sans oublier que Bertrand ne s’appelle pas Roméo, mais que moi, je m’appelle bien Juliette.
    
    — Alors, on s’aime ou quoi ?
    — Éros et Thanatos sont toujours liés, tu sais.
    — Freud a bien montré que Thanatos, ce n’est pas la mort.
    — Ah bon, première nouvelle !
    — C’est la pulsion de la mort du plaisir, de la frustration en somme, ce qui n’a rien à voir avec la pulsion de mort proprement dite. Nuance.
    — Les histoires d’a… Les histoires d’amour finissent mal en général.
    — Oui, Rita, mais ça justement, c’est quand elles finissent. Si elles ne finissent pas…
    — Moi, je me vois mal m’embarquer dans une histoire qui n’en finit pas.
    
    Nous en sommes restés à ce stade de la discussion. Mais la nuit qui a suivi, j’ai été hantée par un cauchemar horripilant, au sens ancien du terme, à savoir qu’il m’a fait dresser les cheveux sur la tête et les poils sur le pubis soyeux. J’ai rêvé que je faisais l’amour avec un squelette dont les os me pénétraient : un tibia dans la fente, un humérus dans la bouche et un fémur dans l’anus. Et j’entendais des anges battre des ailes en psalmodiant : éros, thanatos, des os, des os, rien que des os…
    
    Le soir, au moment où l’angélus sonne au clocher de son dard luisant dans la brume de ma respiration, je m’agenouille pour le fellationner à la lapone (à base de glaçons et d’herbes de bison) et voici que de nouveau il m’adresse la parole :
    
    — Moi, je ...
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