1. Lettres au Père Noël


    Datte: 28/04/2021, Catégories: Humour amour, Auteur: Lacducoucou

    Cher Père Noël,Tu dois être surpris qu’un vieux célibataire t’envoie une lettre, n’est-ce pas ? Incongru ? Ce n’est pas sûr. Pourquoi un adulte ne pourrait-il pas écrire au Père Noël ? Qui plus est, un facteur ! Dans le cœur de chaque homme subsiste une âme d’enfant, non ?D’ordinaire, ce sont eux, les enfants, qui t’écrivent. Eh bien, ma lettre te changera des torchons habituels de ces sales gosses, avec leurs cortèges de consoles de jeux, de poupées formatées, d’habits de princesse et de sabres laser à la con.Et ce changement te mettra sans doute de bonne humeur, ce qui t’amènera, je veux le croire, aux meilleures dispositions pour accorder une suite favorable à ma demande de cadeau. Oui, un cadeau pour moi ! Et celui-là, il me le faut !S’il reste un enfant en chacun de nous, on ne saurait oublier le cochon qui sommeille. Je n’ai pas honte d’avouer sa présence. Et j’entends grincer tes vieux neurones : qu’est-ce que le cochon vient faire avec tes rennes, ta barbe blanche, Noël et les cadeaux ? Je m’en vais te l’expliquer : mon cochon s’est réveillé et me tourmente de manière insupportable.Il me faudrait un miracle pour arrêter mon supplice. Mais ces temps-ci, celui qui a le pouvoir de l’accomplir, l’Être Céleste, tu sais, celui qui attend Georges, (« Djoooodjjj… ? ») au sommet de l’escalier, dans les nuages, paraît plus préoccupé par une ridicule histoire de cafetière que par mes humbles aspirations de chétif grain de poussière humain. Aux origines déjà, selon mon copain ...
    ... Denis, le natif de Langres, il faisait plus cas de ses pommes que de ses créatures, c’est dire ! (Oui, ce n’est pas parce qu’on n’est que facteur qu’on n’a pas de lettres !) J’aurais pourtant accepté de prendre un piano sur la gueule rien que pour pouvoir le résoudre, mon problème. Je suppose que je peux attendre encore longtemps…Je m’adresse donc à toi. Tu es un être dont la bonté se lit sur le visage, à travers les poils de la barbe, et tu ne saurais laisser un malheureux dans le besoin.Au départ de tout cela, il y a Dominique, une habitante de mon village. C’est la femme d’un autre et justement, comme le dit l’adage, elle est belle comme la femme d’un autre. À mes yeux, la plus belle femme du monde. (Oui, je sais, il y en a une dans chaque patelin…) À côté d’elle, Mona Lisa est une virago, les houris du paradis sont d’horribles contrefaçons visqueuses et la dernière Miss Machin n’a pas plus d’attraits qu’une brosse de WC ou que le chapeau Playmobil de la vieille Chèvramiss.Dominique, c’est la beauté absolue. Elle est lumineuse, elle rayonne, elle irradie et dégouline de sensualité. Au grand chêne de l’amour, tous les glands lui font fête. Lorsque je la vois, à n’importe quelle heure de la journée, mon pendule personnel se tétanise sur midi. Et cela perturbe ma tournée. Je la vois pratiquement tous les jours car je suis le facteur du village. Nous, les Cheval, nous sommes facteurs de père en fils depuis des générations.Tu imagines, mon supplice, Père Noël ? Je donnerais tout ...
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