1. Tous des traîtres


    Datte: 02/04/2021, Catégories: couleurs, extracon, fête, jalousie, pénétratio, Humour extraconj, Auteur: Annie-Aime

    Il y a un peu plus de deux ans, mes potes et moi, nous avons créé une boîte :VIGILES & CO. On a pas mal ramé au début, maintenant ça va… Du moins, je le croyais, jusqu’à aujourd’hui.
    
    Aujourd’hui : coup dur. Le fisc réclame des arriérés de TVA, plus une pénalité. Habituellement c’est Karim qui règle ce genre de dossiers. Il est absent ; on découvre que ce salaud a raflé le magot et s’est barré en nous laissant le caca.
    
    Quand on raconte, les types des Impôts se fendent la poire mais du moins acceptent-ils d’en rabattre, pourvu qu’on se mette à jour. Où trouver le fric ? On rumine, on tire des plans, on tourne en rond… Ce fumier de Karim a tout raflé.
    
    Karim est – était – le gestionnaire et un associé, au même titre qu’Abdel, un autre Beur, ou bien Moctar, le Black de service, et moi, fils d’immigrés portugais, sans oublier Nathalie ma meuf, mais elle, c’est différent. Elle ne bosse pas avec nous ; elle est serveuse dans un bar. Je m’explique…
    
    Comment dire ? Ça remonte à nos débuts. Lorsqu’on a consulté, le type de la loi nous a conseillé de garder le statut salarié. Comme aucun de nous ne voulait faire du trapèze sans filet, on a été amené à chercher une solution extérieure ; Nathalie s’est dévouée. En théorie, c’est donc elle le PDG, ou plutôt la gérante. Bien sûr, c’est pour la galerie.
    
    Nathalie est une chic fille et bien roulée ce qui ne gâte rien. Tout le monde l’adore. Je l’aime. Bientôt trois ans que nous sommes ensemble. Elle travaille dans une brasserie ...
    ... du centre-ville. Abdel, Moctar et moi décidons de la rejoindre, histoire de bouger et accessoirement pour casser une graine, bien que personne n’ait grand faim après tout ce charivari.
    
    On débarque dans la brasserie. Le patron est un pote, Jojo qu’il s’appelle, on vomit nos griefs… Karim… ce gros naze… l’ordure… des trucs comme ça, Jojo compatit, on boit, on grignote pendant que Nathalie bosse. Elle n’a pas trop de temps, le boulot. Il y a foule. De toute façon, elle pige tout de travers. C’est une blonde.
    
    — Ils ont pas dit que ça pouvait s’arranger ?
    — Si !
    — Alors pourquoi vous fermeriez la boîte ?
    — Mais non… le fric… ouais, t’as raison ! Ça va s’arranger…
    
    Pas la peine de discuter avec une blonde. Vrai aussi que mon humeur n’est pas accommodante ; l’embrouille me bouffe les neurones. Et Abdel et Moctar ne sont pas non plus dans de meilleures dispositions.
    
    — J’ai pas le cœur à lever une meuf, ronchonne Moctar quand je lui fais remarquer le potentiel alentour.
    
    Surprenant pour quelqu’un vif comme l’éclair et toujours prêt à tirer.
    
    Sur ces entrefaites, un message inespéré :« Désolé, j’ai l’argent, vous attends chez ma mère. Karim ».
    
    On est ahuris ; même dans les films, ça n’arrive jamais ce genre de rebondissement. Les hypothèses fusent. L’allégresse chasse l’angoisse. Faut y aller ; Nathalie veut en être.
    
    Nous déboulons à quatre chez la mère à Karim.
    
    — Karim vient de partir… annonce-t-elle, totalement démolie.
    — Il est parti où ? questionne-t-on, ...
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