1. Salomé


    Datte: 23/02/2021, Catégories: fhh, jeunes, Auteur: Patrik, Source: Revebebe

    ... luisants, tout en musculature harmonieuse, des sortes de demi-dieux ; bon nombre de jeunes filles donneraient beaucoup pour les contempler ainsi, et pas forcément que pour les scruter de la tête au pied ! C’est d’ailleurs parfois ce qui s’est passé et les jumeaux remercient assez souvent leur bonne fortune.
    
    Ils plaquent leurs cheveux sombres des deux mains, s’ébrouent comme des étalons après l’effort, chassent l’eau qui dégouline de leur corps sculptés. L’air est doux, le plafond est en sang d’un soleil qui se meurt au lointain.
    
    Salomé est là, face à eux.
    
    Moi j’étais son fou, elle était ma reine
    
    Yeux noirs, cheveux défaits, Salomé est offerte. Telle une statue antique, nue, sans parement, elle rayonne de la même grâce, de la même divinité que les naïades et les nymphes qui peuplaient les bois et rivières du temps jadis. Les jumeaux sont figés sur place, muets, stupéfaits.
    
    Elle s’avance vers eux, semble glisser jusqu’à eux, les bras ouverts…
    
    Y’avaient dans son lit quelques cartes égyptiennes
    
    Elle m’a demandé de deviner la mienne
    
    Plongeant des yeux elle jouait les sirènes
    
    Moi j’étais son fou elle était ma reine
    
    Les jumeaux sont toujours figés, le temps suspendu. Salomé est tout proche, ils sentent son parfum, sa chaleur. Ils sont tétanisés, ils ne comprennent plus, mais qu’y a-t-il à comprendre de Salomé ? Un rêve, un phantasme éveillé ?
    
    Doucement, Salomé pose sa main sur la joue du premier jumeau. Il ferme les yeux pour mieux goûter sa ...
    ... caresse. Elle tourne la tête vers l’autre frère, son autre main se pose sur la joue un peu rêche du grand gaillard immobile. Délicatement, elle les attire à elle, vers elle, contre elle.
    
    — Aimez-moi, dit-elle simplement.
    
    Interloqués, les jumeaux se regardent, l’esprit en déroute. Un long flottement, des regards vers Salomé qui tient toujours leurs mains, son corps offert rien qu’à eux, ce corps si doux, si blanc, si pur aux yeux si profonds, aux cheveux épars et sauvages sur ses épaules si frêles.
    
    — Aimez-moi…
    
    Alors ils l’aiment, follement, passionnément, de mille façons, sans limite. D’un même élan démesuré, ils explorent ensemble des centaines, des milliers de voies, de chemins dans ce pays étrange de la passion, découvrant à chaque fois d’autres possibilités incommensurables dans un gigantesque tourbillon de sensations sensuelles et salées, un lac en fusion de perceptions perçantes et transfigurantes. Des montagnes d’émotions virevoltantes à ne plus savoir qui on est, de fusions intimes à être soi et l’autre en même temps, se laisser aller vers d’autres univers, d’autres couleurs inconnues… Toujours plus loin, encore plus loin, sans retenue, comme une longue chute interminable dans le gouffre sans fin de l’avidité des corps entremêlés sans pudeur et des âmes fusionnelles. Eux, elle ; elle en eux, eux en elle ; elle pour eux et eux rien qu’à elle, Salomé. Leur Salomé.
    
    Avant de sortir j’ai volé toutes ses cartes
    
    J’en f’rai des souvenirs pour ses amants qui ...