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Salomé
Datte: 23/02/2021, Catégories: fhh, jeunes, Auteur: Patrik, Source: Revebebe
... derrière moi. — C’est à dire ? demande l’autre jumeau vaguement inquiet. — Qu’il est temps de partir ailleurs, sans retour. — Eh oh ! Tu nous fais quoi ?? Tu ne songes quand même pas à te trucider ? Elle se retourne, un fin sourire aux lèvres. — Ça ne serait pas une grosse perte, non ? — Parle pour toi ! — Merci. Je compte donc un peu pour vous. La réponse fut spontanée, double. — Merci, dit-elle simplement. Là-bas, les ombres s’allongent plus encore, le soleil déchoit, noyé dans l’incandescence du jour qui meurt, le ciel flamboie de ses ultimes flammes. Plus personne n’est dans les vestiaires, les derniers joueurs sont partis. Le stade est vide, il ne reste plus qu’eux trois avec une sourde inquiétude. — Venez, dit-elle, de sa voix fluette. Et elle se dirige vers le vestiaire. Ils la suivent sans rien comprendre. Mais qu’y a-t-il à comprendre de Salomé ? Y’avaient dans son lit quelques cartes égyptiennes Elle m’a demandé de deviner la mienne Plongeant des yeux elle jouait les sirènes Moi j’étais son fou elle était ma reine La chanson les poursuit toujours, entêtante, comme une toupie en vrille dans leurs esprits en déroute. Ils se contentent de la suivre, comme dans la chanson… suivre et attendre. Le vestiaire est un endroit désert, aux relents humides et moites, un havre de repos après l’effort intense. Une sorte de brume flotte dans l’air, la lumière est blafarde, le rouge du ciel transite à travers les quelques lucarnes, ...
... illuminant les murs de sang. Les jumeaux en frissonnent. Pourtant, ce sont de robustes gaillards à la tête solidement plantée sur de larges épaules solides. Mais aujourd’hui, ce vestiaire n’est plus de leur monde, ils sont chez Salomé et ne savent pas quelles sont les règles du jeu de cet univers obscur et étrange. Ses yeux profonds et sombres les dévisagent. Elle désigne du doigt les douches : — Allez prendre une douche, vous sentez le fauve ! Puis elle les congédie d’un simple regard. Tandis qu’ils s’exécutent sans mot dire, elle se retire pour garantir leur pudeur. Interloqués, les jumeaux se déshabillent et se retrouvent sous une douche apaisante, leurs corps musclés couverts de mousse, dans une moiteur réconfortante et tranquillisante. Ils se frottent sans grand entrain sous l’eau tiède, perdus dans leurs pensées. L’un d’eux rompt le silence : — T’as compris quelque chose, toi ? — Non, rien ! — Moi non plus ! Mais elle m’inquiète, la petite ! — Moi aussi, mais je crois qu’on peut pas grand chose… — C’est étrange, c’est aussi mon impression… — Celle de subir les événements et de ne rien pouvoir faire ? — Oui, c’est exactement ça ! Et ça… et ça m’énerve ! — Bienvenue au club. Moi, ça m’agace aussi. L’eau continue de couler sur eux. Ils se sentent un peu apaisés mais une sourde anxiété les ronge toujours. Un sourd déclic au lointain tandis qu’ils s’apprêtent à sortir de la douche. L’eau s’arrête de jaillir sur eux, les jumeaux sont ruisselants, ...