1. Mâles barrés


    Datte: 10/01/2021, Catégories: hgode, portrait, pastiche, délire, Humour policier, fantastiqu, revebebe, Auteur: Brodsky

    Hank, le Vieux, la Star, Chinasky, l’Enfoiré, le Fils de Dionysos paraît-il, bref, ce sale con à cause de qui les meufs allaient me prendre le chou et me couper les roubignolles s’il ne se grouillait pas de rentrer, prenait pourtant tout son temps… Faut dire qu’en habitué des lieux, il fut reçu comme une rock star en arrivant aux portes de l’Enfer. Les diablotins et les diablotines, les incubes et les succubes, les néo-nazis et les anciens cocos, les cols bleus, les cols blancs, les collets-montés et les collabos, Hitler et Staline, Pif et Hercule, Marx et Engels, Léo et Popi, Chapi et Chapo, Laurel et Hardy, Dracula et Draculette, le tsar Nicolas et le tsar Kozy, tous étaient là, trépignant, hurlant, scandant son nom en lui tendant des bouts de papiers ou des calepins afin d’avoir un autographe. Nabilla le supplia de bien vouloir signer sur ses nichons, et Madonna tenta de lui arracher un poil de son torse velu afin de se confectionner un talisman.
    
    Après avoir réussi à se frayer un chemin parmi ses fans en délire, Hank finit par entrer et se retrouva face au diablotin réceptionniste :
    
    — Salut, Lénine ; ça va ?
    — Salut Hank… Qu’est-ce que tu veux ?
    — Je suis en mission ; faudrait que je voie un de vos nouveaux résidents.
    — Lequel ?
    — Un nommé Alligator.
    — Athanagor, tu veux dire ? Ah oui, il est arrivé ce matin.
    — Tu me files un laissez-passer…
    — Si tu veux, mais de toutes façon t’en as pas besoin… Tu sais très bien qu’il est hors de question qu’on garde ici un fouteur de merde comme toi.
    
    Hank se rendit directement aux quartiers des écrivains. Il connaissait le chemin pour y être resté quelques mois avant que ses gardiens ne supplient Saint Pierre de le transférer au purgatoire. Céline et Brasillach étaient toujours à leur poste. En tant que collabos modèles, ils avaient su tirer leur épingle du jeu et étaient devenus les concierges du quartier français…
    
    — Salut les gars, je viens questionner Athanagor, le nouveau…
    
    Brasillach regarda la liste qu’on lui avait remise le matin même. Il avait du mal à y voir clair, à cause de son regard de myope et de la buée qui se déposait sans cesse sur ses verres de lunettes à triple foyer.
    
    — Je trouve pas le nom…
    — Bah, tu ne trouves jamais rien avec tes yeux de taupe, n’est-ce pas ! s’énerva Céline en lui arrachant le papier des mains. Je vais finir par te dénoncer aussi, parce que, n’est-ce pas, tu ne m’es d’aucune utilité ici…
    — Sois pas cruel, Ferdinand, il n’y est pour rien…
    — C’est ce qu’ils disent tous, n’est-ce pas ; tous ceux qui sont ici prétendent n’y être pour rien. - Alors que, n’est-ce pas, le seul qui n’y est vraiment pour rien, Hank, c’est moi…
    — Ben oui, c’est bien vrai ça… Tu as mené une vie digne et exemplaire…
    — C’est ce que je me tue à leur dire. Seulement, n’est-ce pas, c’est plus facile de s’en prendre à un vieillard comme moi qu’a un banquier, ou un politicien…
    — Bon, alors, il est où mon Tentakulor ?
    — Je suis désolé, Hank, mais je ne le trouve nulle ...
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