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« Clémence » (8) : la déchéance
Datte: 04/11/2026, Catégories: Dans la zone rouge, Auteur: Olga T, Source: Hds
... n’est pas en accablant votre maîtresse, en mettant en avant sa vie privée et ses préférences sexuelles, que vous arrangerez votre situation. - Fatima, pardon, Madame Al-Fassi n’est pas ma maîtresse ! - Arrêtez de mentir, B ! J’ai dans le dossier un rapport accablant de la police marocaine. Je vous en lis un extrait, particulièrement édifiant : « Au moment de notre irruption dans la chambre, les deux amants étaient nus et venaient manifestement de copuler. Monsieur B avait éjaculé dans le vagin de Mme Al Fassi, qui a reconnu entretenir avec lui, depuis des semaines, une relation adultère. » Il y a aussi la déposition ultérieure de Mme Al Fassi, qui a confirmé ses dires. Vous ne pouviez pas vous trouver dans une situation pire, car la famille de Mme Al Fassi est très proche du Palais. Michel se tut. Les apparences étaient contre lui. Il accepta de signer le document qui reconnaissait que son arrêté de mise à pied immédiate lui avait été remis. Sans rien ajouter, il sortit de ce bureau où sa hiérarchie l’avait condamné, en attendant que l’instance disciplinaire n’officialise la fin de sa carrière. Michel rassembla ses affaires personnelles et quitta la chancellerie, dans un silence de mort, sous le regard réprobateur de ses collègues, tous persuadés qu’il était une brebis galeuse, qui portait atteinte à la réputation de l’institution. Michel était désespéré, atteignant cette fois le fond du gouffre. En peu de temps, il avait tout perdu, à commencer par sa ...
... carrière. Il était passé du Capitole à la Roche Tarpéienne. Mais le pire pour lui était d’avoir perdu l’être qu’il aimait le plus au monde, sa Clémence, désormais totalement sous la coupe de ce petit voyou. Un sentiment de vide, de sidération, d’humiliation, accablait le jeune homme. Non seulement il ne s’était pas battu, mais il avait contribué, par son comportement, à sa chute. Quand il revint chez lui, il fut soulagé que Zakaria soit absent, pour vaquer à ses « affaires », en fait à ses trafics de petit voyou. Il évitait ainsi de le voir se réjouir de sa déchéance. Clémence était là, mais se préparait à sortir à son tour. À son état d’abattement, elle comprit qu’il se passait quelque chose de grave. Jamais il n’était revenu du travail en milieu de matinée. Il avait l’air effondré, avec un visage d’une pâleur effrayante. - Tu sors chérie ? - Ça se voit, non ? je vais chez ta maîtresse, ajouta-t-elle avec un regard dur. Je suis pressée. Ne me mets pas en retard ! - Clémence, il faut que nous parlions. Je t’en supplie. Je sais que les apparences sont contre moi. Je me suis fait piéger. Je te jure que Fatima n’est pas ma maîtresse ! - C’est elle qui m’a raconté ce qui s’est passé au Sofitel. Comment as-tu pu me faire ça ? Et en plus tu me mens ! Michel n’eut pas la force de répondre à Clémence, comme il aurait dû, qu’elle ne manquait pas d’air, elle qui le trompait sans vergogne et qui s’affichait avec son amant. De quel droit osait-elle lui faire des reproches ? ...