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La première fois que j'ai entendu parler de la guerre
Datte: 01/11/2026, Catégories: #nonérotique, #historique, Auteur: Pitziputz, Source: Revebebe
... revenions pas du culot de Saddam qui s’affichait tout sourire avec des occidentaux stratégiquement « invités » ou lorsque Khadafi s’adressait aux Américains dans un «Beoble of Amrica… » mémorable. Et finalement, la France s’est décidée. Elle a envoyé la division Daguet et tout s’est soudainement précipité. La guerre aérienne ne suffisait plus. Les scuds pleuvaient, les patriots interceptaient et nous attendions la phase suivante annoncée pour le 16 janvier : l’offensive terrestre ! On y était, comme dans l’ancien temps, des fantassins à pied sous la chaleur, portant un million de kilos sur le dos. Le 16 janvier au matin, alors que rien ne s’était encore passé, je reçus une lettre par avion. Vous vous rappelez ces enveloppes avec les stries bleues et rouges et ce papier bible. À l’intérieur, une unique feuille A4 lignée arrachée d’un cahier, pliée trois ou quatre fois. «Arabie Saoudite 8 janvier Salut toi, C’est Arthur qui t’écrit depuis l’Arabie Saoudite où je suis posté avec la division Daguet. On ne s’est pas parlé depuis quelques années, mais je pense souvent à toi et je t’ai toujours bien aimée. En très résumé, après le bac j’ai eu envie de voir du pays. Comme je n’avais pas de fric, je me suis engagé dans la Légion. Au moins, j’allais voyager gratis. On nous a annoncé des grandes manœuvres terrestres et c’était le dernier moment pour faire parvenir du courrier. J’espère que ta famille va bien et ta chienne aussi. Tu revois qui des copains ? Tu as des ...
... nouvelles de Charles et Guillaume et Sophie ? Je ne sais pas pourquoi, mais j’avais spécialement ton adresse en mémoire. Si tu as les adresses des autres, je suis preneur. Si tu veux m’écrire c’est possible, mais tu dois envoyer ta lettre à Simon Paul. Eh oui, j’ai dû changer de nom. Sur ce, je t’embrasse, j’ai encore du taf ce soir. Ton copain Arthur ». J’ai lu et relu cette lettre avec la même frayeur que lorsque ma grand-mère me disait que si je continuais à tirer la langue, un jour elle resterait pendue. À force de penser à cette guerre, la guerre était venue à moi. Arthur avait été un ami original. Intelligent et décalé. Je me suis souvenue que juste après son recrutement au service militaire, celui de chez nous, il m’avait dit tout fier : « je serai soldat du train ». Perplexe, je lui avais demandé un peu dédaigneuse, s’il allait passer les quatre prochains mois à jouer au contrôleur. — Pas du tout, comme soldat du train, je serai dans une unité à cheval. — Ah bon, lui avais-je répondu, tu t’y connais, toi, en cheval ? — Apparemment assez puisqu’ils m’ont pris. Ils m’ont juste demandé si je savais ce qu’était un cheval isabelle. — Et tu savais ? — Non, mais j’ai répondu que c’était un cheval à petite queue et cela leur a suffi. J’avais haussé les sourcils, inquiète que l’on confiât ma protection et celle du pays à un gars comme Arthur. Arthur me draguait un peu tout le temps mais ne m’avait embrassée qu’une fois et furtivement dans une soirée, et ...