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Face à Face
Datte: 01/11/2026, Catégories: #psychologie, #drame, #nostalgie, fh, ff, Auteur: Jane Does, Source: Revebebe
... couche en rêvant de tous ces moments échangés entre lui et moi… Alors… recluse volontaire dans ma propre maison, j’erre sans trop de buts. Ma force est partie, il n’existe pas, plus de ressort pour me redonner un espoir. Je ne guette plus d’appel téléphonique, rejetant systématiquement ceux qui s’affichent en «inconnu » sur mon portable. En quoi est-ce que celui de ce matin est différent de tous ceux des jours précédents ? Aucune idée, mais c’est bien machinalement que je me retrouve avec l’appareil entre les doigts à appuyer sur la prise d’appel. Le sort ? Un sixième sens ? Qu’en sais-je finalement ? Et si… s’il s’agissait d’un pressentiment, à moins que ce ne soit Michel qui me guide pour prendre la communication ? Je ne le saurai jamais ! — Allo ! — Maryse… c’est vous ? — Hein… ? Qui êtes-vous ? — Sylvie ! Vous ne reconnaissez donc pas ma voix ? — Ben… j’avoue que non ! Mais nous ne nous sommes que peu parlé et dans des conditions… difficiles. — C’est vrai ! Mais vous avez une toute petite voix. Ça va pour vous ? — À votre avis ? De votre côté, le réconfort de vos amis, de votre entourage… je n’ai pas cette chance. Je suppose que le rôle de maîtresse dans ces cas-là n’est guère enviable. — … Je n’avais pas pensé de cette manière… Je vous appelais pour savoir si ça vous dirait de dîner ce soir avec moi. On pourrait apprendre à se connaître un peu. S’il vous aimait, c’est sûrement pour de bonnes raisons et je ne suis pas votre ennemie, malgré tout. — Je ne ...
... suis pas très présentable, vous savez… — Est-ce votre manière à vous de m’éconduire ? Je suis tenace et je ne vais pas vous abandonner de la sorte. Je tiens à discuter avec vous, maintenant que les moments les plus douloureux se sont un peu éloignés… enfin pour moi, parce que de toute évidence, ce n’est pas tout à fait votre cas, n’est-ce pas ? — Euh… je… — Laissez-vous tenter. Parler est libérateur, et c’est valable pour ce deuil également. Vous avez, comme moi, besoin d’aide. Nous entretenir au sujet de Michel peut être une thérapie qui fonctionne. Affronter nos démons, nous nous le devons, non ? Et qui mieux que vous et moi connaissions l’homme qu’il était ? Allons ! Je vous en prie, venez ce soir. Rassurez-vous aussi, il est des petits matins où ma bouille n’est pas très joviale non plus… alors… je prends sur moi… un zeste de maquillage pour cacher aux autres ce qui me mine… venez, je vous le demande comme une prière… là où il a vécu avec moi ! J’ai vu votre intérieur et sais qu’il a été heureux là-bas. Vous pourrez ainsi constater que chez nous, il l’était également sans restriction aucune… — … ! Elle me parle, reparle et je n’arrive plus à me concentrer. Tant et si bien que je finis par ne plus trop savoir où j’en suis. Au bout de quelques minutes, je cède lamentablement et me voici engagée dans un processus que je redoute. À savoir sortir pour me rendre là où Michel et elle avaient des habitudes, des gestes, une vie en fait équivalente à celle que nous partagions à ...