-
Face à Face
Datte: 01/11/2026, Catégories: #psychologie, #drame, #nostalgie, fh, ff, Auteur: Jane Does, Source: Revebebe
Râleurs ! Oui, nous sommes de vrais râleurs. Quand il pleut, on réclame du soleil et dès que «Ra » nous tape un peu fort sur la tête, ce sont des plaintes à n’en plus finir. Toujours quelque chose qui va de travers, quoi ! Eh ben, moi, j’adore la pluie et j’ose le dire. Ce matin, elle bat mes carreaux de ses gouttes drues. Le front appuyé sur la baie vitrée de la porte-fenêtre, je regarde les feux de la voiture de Michel qui s’éloignent. Nous avons passé la nuit ensemble. Un moment fabuleux que cette eau qui dégringole du ciel rend encore plus joyeux pour moi, en ce début de matinée de lundi. Je repense à tout ce qui s’est achevé au petit jour, avec cette fatigue saine au creux des reins dont je sais les causes. Il ne vient que pour ces heures de partage que nous volons au temps. À une autre aussi, celle qu’il a épousée il y a fort longtemps et… que j’envie parfois. Mais je connaissais la vie de cet homme avant de m’aventurer dans une relation qui me fait toujours autant rêver. Il est… beau, il est fougueux et j’en suis éperdument amoureuse. Mais elle est là et je dois donc partager l’amour de cet homme. Parfois, je me dis qu’il en existe des milliers d’autres avec qui je serais sûrement tout aussi heureuse. Ai-je vraiment eu le choix ? Mon cœur, mon âme, mon corps, tout a sans doute décidé pour moi. Je vis avec l’ombre d’un Michel qui se cache pour venir passer une nuit en ma compagnie. Je ne vais pas ce matin bouder mon plaisir. Mes reins endoloris sont de toute ...
... façon là pour me rappeler que je n’ai guère dormi. Nous avions tant de choses à nous raconter. Et ça s’est traduit comme toujours par des corps à corps dans une guérilla amoureusement menée par ce diable d’homme qui ne saura jamais vraiment désigner l’une ou l’autre et se sent sûrement très bien dans cette posture ambiguë. Drôle également comme j’ai le sentiment d’un danger imminent, sans percevoir d’où il peut bien arriver. Je regarde la pluie tomber et le chant des gouttes me berce, alors que la voiture et son conducteur ont disparu depuis longtemps dans le petit jour. — xXx — Michel ne m’a pas appelée depuis deux ou trois jours. Anormal puisque d’ordinaire, il ne reste guère plus de vingt-quatre heures sans me donner des nouvelles. Souvent depuis son bureau, pour s’assurer de n’être pas entendu par celle qui reste sa femme. Je trouve étrange ce long silence. Bon ! Il est déjà arrivé depuis que nous nous aimons qu’il devienne muet quelques jours et je n’ai aucune raison de m’alarmer outre mesure. Et j’ai une montagne de boulot. Donc ça me permet de me sortir mes craintes de la tête. Quelle heure est-il ? Dix heures du matin ce samedi ? Oui… c’est ça. Je ne travaille plus les samedis. Alors ? Ce coup de sonnette, une cliente qui m’apporte du raccommodage ? Je viens ouvrir, insouciante et souriante. Une femme ! Mon âge ou quelque chose d’approchant, c’est ce que je lui donne, alors qu’elle est dans l’encadrement de ma porte. — Bonjour ! Que puis-je pour vous ? — ...