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Face à Face
Datte: 01/11/2026, Catégories: #psychologie, #drame, #nostalgie, fh, ff, Auteur: Jane Does, Source: Revebebe
... n’avez pas envie de me parler, c’est cela ? Suis-je bête… moi, pour exorciser tout ceci, j’ai besoin d’exprimer mes sentiments… et j’imagine que tout le monde est comme moi. Pardon de vous avoir importunée… Je suis un maladroit et sûrement un peu idiot. Il s’écarte de nouveau. C’est à cet instant que les battants de l’entrée s’ouvrent pour livrer passage à ces gens qui assistaient à la crémation. Sylvie est la dernière à passer le seuil de la sortie. Elle a le visage baissé, et du noir lui fait deux longues traînées sur les joues. Elle marche tel un zombie, sans vraiment regarder où elle met les pieds. Le jeune homme qui est venu discuter avec moi la rejoint. Il la soutient en lui prenant le bras. Quand elle s’arrête, les personnes présentes vont vers le couple ainsi formé et sans doute lui murmurer quelques paroles de réconfort. Je m’éclipse sans bruit, en catimini, ma place n’est plus là, auprès de cette veuve qui pleure ses amours… nos amours. Les miennes aussi sont mortes et je suis glacée en dedans alors que je reprends la direction de mon domicile. C’est fini… plus jamais Michel ne me prendra dans ses bras, plus jamais son rire ne résonnera à mon oreille. Son souffle va me manquer, et je me sens si vide. Il me faut faire des efforts pour ne pas avoir un accident. La vie me vole ce qui en faisait le sel, je suis comme Sylvie… orpheline, veuve de tous mes rêves. Saloperie d’existence qui fait que d’un coup je ne suis plus rien ni même personne. Est-il rassurant de ...
... songer brièvement qu’au moins il n’a pas eu le temps de souffrir ? Bien piètre consolation… La première soirée du jour de cette cérémonie est un cauchemar. Toute une marée de souvenirs qui déferlent sous ma tignasse brune et des larmes à n’en plus finir. C’est sur le canapé, recroquevillée à l’endroit même où il aimait se reposer lors de ses visites chez moi que je m’enfonce dans un drôle de combat. Fait de bribes de dialogues en flash-back, de voix venues de nulle part et de sursauts à chaque fois que mon esprit paraît vouloir s’envelopper dans un brouillard en guise de sommeil. Oui ! Une nuit entrecoupée d’incessants appels et de geignements que mon cerveau s’ingénie à ramener sur le devant de mon front, comme pour mieux me martyriser, encore et encore. Douleur et crises de larmes sont un lot quotidien pour des jours qui n’en finissent plus de se conjuguer avec absence et manque. Michel est omniprésent, qui défie toutes les lois d’une nature implacable. Et lentement, je n’ai plus d’eau à laisser échapper de mes mirettes rouges à force de trop de pleurs. Mon cœur se remet à battre sinon sereinement, du moins plus régulier dans ses pulsions. Le temps me file entre les doigts et la solitude me voûte le dos. Plus de goût à rien, je ne mange plus vraiment, grignotant seulement pour survivre. Combien de ses semaines sans joie, juste parce qu’il faut aller, seulement pour mettre un pied devant l’autre, combien sont nécessaires ? J’en oublie ma salle de bain, je traîne dans ma ...