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Préambule - Les haltes
Datte: 28/10/2026, Catégories: #chronique, f, Auteur: Landeline-Rose Redinger, Source: Revebebe
... avons nos travers, nos points de convergence. Je te retrouve enfin dans les territoires où nul ne nous devine. Je ne suis pas ton amante, je suis un corps soumis, je suis un corps fugace, rapidement éprouvé, un souvenir durable. Ouvre-moi ton corps, nous n’y reviendrons plus. Je voulais te dire ces mots que tu peux t’approprier dont tu peux te faire un paysage, une rêverie. Une image récurrente. Je prends sur moi, à bras le corps, je prends l’existence, je prends la vie et je me transporte peau et corps, vers tous les corps toutes les peaux qui voudront m’étreindre, m’étreindre jusqu’à m’éteindre. Que les nuits et les jours nous emportent au-delà du plaisir simple que l’on prenne ce qui est à prendre. Servez-vous de bon gré, je vous offre ce que j’ai. Il n’était pas huit heures, j’ai traversé la ville. Il n’était pas huit heures ce matin d’été. J’allais retrouver Tom, nue sous une robe blanche. J’ai pris un taxi Londonien pour traverser Paris. N’y a-t-il pas du charme parfois dans le détail ? Il y a une agora, une place pavée, il y a une église, quelqu’un chante au lointain sur un bateau à quai. Il y a de l’irréel dans cette place désertée, seule et nue sous mon tissu léger, j’attends que mon amant se veuille bien apparaître. J’ai reçu son message par un moyen ancien. Ne le croyez-vous pas, quelque part dans Paris, les mots d’amour circulent encore et en secret par poste atmosphérique. J’ai reçu son message, aussitôt sous la main cette robe ajourée est passée ...
... sur mon corps. J’ai quitté ma ruelle, au son étourdissant de mes talons aiguilles. Je filai d’un bon pas, cœur battant et corps ardent. Le petit vent d’été ne pouvait seul assécher le friselis du désir qui enveloppait ma peau. Qu’en est-il donc de cet homme, de cet homme du taxi, qu’en est-il donc de son souvenir ? A-t-il rêvé qu’il rêvait encore ce bon matin d’été ? A-t-il échafaudé une vie pour cette fille tout de blanc habillée qui traverse la ville dans sa robe ajourée ? A-t-il voulu la prendre dans un rêve prolongé, et quels regrets le tiennent pour qu’il y songe encore ? Il ne l’a pas revue car les joies des matins sont des instants passés qui ne reviennent jamais. Et puis elle est partie déhanchée et instable sur des talons si hauts, qu’il faut une virtuosité pour traverser les rues, les places et les villes. Allait-elle vers un homme ? Oui, elle allait vers un homme voilà ce qu’a pensé notre homme dans son taxi. On ne va pas sans but dans une robe ajourée, on va là où on sait. Lorsqu’elle ne fut plus qu’une lueur au lointain, il a quitté la place sa vie était ailleurs. Il y a sur le chemin qui m’emmène vers toi, il y a des haltes où je ne m’arrête pas. Mais dans mon souvenir elles reviendront ces haltes transitoires chères à Michel Foucault où ma rêverie ira flâner parfois avec le plaisir d’y revenir seule assise à regarder passer les gens. Dirait-on que ces endroits traversés en hâte, inaperçus et oubliés de suite reviennent comme les pauses ravissantes de ...