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17 avril 1891 (2/3)
Datte: 11/10/2026, Catégories: Entre-nous, Hétéro Auteur: Pessac, Source: Hds
... Parfois cependant, évitant les halos de lumière jaunâtre des réverbères bec de gaz, une ombre encapuchonnée vient frapper à sa porte. Si l'on vient chez elle discrètement et à point d'heure, c'est pour des raisons peu avouables : obtenir un philtre, d'amour ou de malédiction, solliciter un sort à jeter sur une voisine acariâtre, un paysan avare... Ces crédules-là repartent avec une "potion" d'eau colorée, la promesse d'un sort, bidon, jeté sur leur victime, opérations diverses dont le coût aura grevé leurs économies... Pour rien ! Car Wilhelma n'est pas une sorcière. Juste une herboriste, éclairée certes, capable de soulager bien des maux avec ses décoctions, ses assemblages savants de plantes infusées dans ses potions ou sirops. Et si elle prétend parfois y verser dedans du jus de crapaud purulent ou des larmes de lune rousse, c'est du pipeau, juste pour entretenir sa légende auprès des plus benêts. Wilma n'est pas une sorcière ! Une herboriste, juste une herboriste. Un peu empoisonneuse aussi, à l'occasion, comme quand une certaine personne qu'elle chérit le lui a gentiment demandé. Empoisonneuse mais pour la bonne cause. Une cause si juste qu'elle s'est d'ailleurs demandé pourquoi elle n'avait pas songé à agir plus tôt. Elle s'est mise au travail sur le champ. En fait de poison, elle n'a fait que préparer une potion à partir de bonnes plantes médicinales. Juste surdosées. Habilement surdosées. Et concentrées. Elle a rempli une petite fiole et est allée ...
... voir les putains près de la garnison. Elle leur rend bien des services à ces filles pour que celles-ci l'aiment bien. La craignent mais l'aiment bien. Elle leur a expliqué que la gagnante du soir aurait juste à verser le contenu de la fiole dans le vin d'un certain client... qui après ça, ne pourrait plus lui faire... ni bien, ni mal ! --- Tout va bien dans le meilleur des mondes ! Mes nuits avec Changala sont fabuleuses, Mamama remonte gaillardement la pente et ma divine maitresse allemande m'a fait porter un billet dans lequel elle m'avoue se morfondre avant ma venue cet après-midi à trois heures. Trois heures ? Parfait, cela me laisse le temps de passer chez Wilma. Il faut que je lui parle à cette drôlesse. J'espère juste qu'elle me laissera le temps d'ouvrir la bouche avant de me sauter dessus ! C'est que c'est une vorace ma Wilma ! Je frappe donc à son entrée le signal convenu. La porte s'ouvre toute seule, grâce à un jeu de poulie et ficelles qui fait glisser les loquets et pivoter l'huis : ingénieux système qui impressionne les braves gens. Je m'avance, monte l'escalier. Je sais que la rousse m'attend dans sa chambre. J'aime beaucoup cette chambre : contrairement au reste de la maison sombre et poussiéreux, cette pièce est lumineuse et colorée. Le soleil du début d'après-midi l'inonde. Je n'aurais pas été étonnée de trouver l'herboriste totalement nue sur le lit, mais non, la rousse est assise à son bureau. Elle est visiblement soucieuse ! La voilà ...