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Le sourire des loups
Datte: 08/10/2026, Catégories: #société, #nonérotique, #personnages, Auteur: Laetitia, Source: Revebebe
... commencer. Les téléphones vibraient sans arrêt. Les rédacteurs s’agitaient dans les open-spaces. La note anonyme avait suffi à lancer l’incendie. Et Clara Danel le savait. Dans son bureau, le regard fixé sur l’écran plat qui diffusait « Les Matins de l’Actu », elle écoutait un journaliste parler « d’irrégularités financières présumées », « d’éléments troublants », de « sources proches du parti ». Rien de frontal, mais la fumée montait. — Il faut réagir vite. Faire diversion, dit son chef de cabinet. Sa conseillère com hocha la tête. — Non. Répondit Clara. On ne se défend pas contre une insinuation. On fait oublier qu’elle existe. Elle décrocha son téléphone et appela son attachée de presse. — Organise-moi une visite surprise à l’usine de batteries de Flins. Immédiatement. Je veux des ouvriers, de la sueur, des images. Pas de questions, pas d’interviews. Et fais venir trois caméras. Pas plus. Je veux que ça ait l’air spontané. Puis elle ajouta, sans changer de ton : — Et fais passer une info dans un média, peu importe lequel, une rumeur sur le directeur de cabinet de Lemoine. Un déjeuner douteux avec un contractant privé. Lâche ça doucement. Le conseiller leva les yeux, surpris. — Vous l’aimez pourtant bien… — Ce n’est pas personnel. C’est stratégique. S’il tombe, Lemoine aura besoin de moi plus que jamais. Et surtout, on cessera de parler de moi. Elle reposa son téléphone, se leva, et ajouta, avant de sortir : — Dans ce métier, c’est ...
... pas celui qui saigne qui perd. C’est celui qui pue le sang. Deux heures plus tard, elle entrait dans un salon privé du Sénat. Sonia Carlotti l’attendait, croisant les jambes avec cette rigidité qu’elle avait toujours eue, un mélange d’arrogance provinciale et de colère rentrée. — Tu ne perds pas de temps, Clara. La presse, les ouvriers, les contre-feux. Impressionnant. — On m’a nommée pour une bonne raison, donner l’illusion du contrôle. Sonia ricana. — Tu crois vraiment que tu vas pouvoir tenir avec ça ? Avec des sourires, des punchlines et des jupes serrées ? Clara s’approcha. Elle savait exactement où appuyer. — Dis-moi Sonia… Combien de fois t’as couché avec Lair pour essayer d’avoir le poste ? Deux ? Trois ? Et il m’a préféré à toi, sans que je couche. C’est terrible, hein, d’être à ce point… transparente. Le silence qui suivit fut glacial. Sonia ne répondit pas tout de suite. Elle prit le temps de finir son café, très lentement. Puis elle posa sa tasse, la voix basse : — Tu crois que tu m’as humiliée. Tu m’as réveillée. Et c’est pire. Clara se pencha, ses yeux plantés dans les siens. — Tant mieux. J’ai toujours préféré mes ennemis éveillés. Endormis, ils ont l’air trop humains. Sonia se leva. — Tu n’es qu’une pute de salon, Clara. Et je vais m’assurer que tout le monde s’en rende compte. Clara sourit, sans chaleur. — Alors, fais-le bien. Parce que si tu rates… je ne me contenterai pas de t’écraser. Je te rendrai ridicule. Et ...