-
Mon amour de Bouddha
Datte: 06/10/2026, Catégories: #initiatique, fh, religion, forêt, fête, Auteur: Turlupine, Source: Revebebe
... comme si ça me cherchait… Je balayai mentalement la liste des créatures susceptibles d’arpenter une forêt coréenne la nuit. Je me cramponnai à l’idée d’un panda roux – adorable, tout mimi, inoffensif. Je rejetai avec soin tout le reste : sangliers, chiens errants, âmes en peine, créatures des contes locaux qui sortent quand les lanternes s’éteignent. Puis un bruit plus fort retentit : on venait clairement de se vautrer en s’emmêlant dans les souches et les branches. J’entendis distinctement quelqu’un grommeler : — Bordel de bite à cul ! Putain de merde de forêt à la mords-moi le nœud ! Un homme. Et qui parle français, de surcroît ! Dans sa direction, une lumière chaude provenant d’on ne sait où me permettait de voir ce qui se tramait. Un homme imposant, chauve comme Yul Brynner, gros comme Gégé Depardieu, affublé de très grandes oreilles, vêtu d’une simple toge était à l’origine de mon réveil. Me voyant, il s’approcha : — Oh ! Excusez-moi, je ne voulais pas vous réveiller. — Bin, c’est raté mon gars ! J’observai que la lumière émanait littéralement de lui ; son aura brillait comme les phares d’une deux-chevaux réglés en plein phare. À son contact, une vague de chaleur, un sentiment de plénitude m’enveloppèrent tant et si bien que je l’invitais à rester taper la discute – comme si c’était le plus normal du monde. Il s’appelait Siddharta Gautama. J’appris qu’il n’avait pas toujours été bedonnant : autrefois, disait-il, il était ascète, maigre ...
... comme un coucou. C’était quelqu’un qui voyait toujours le verre à moitié plein et moi, une fille qui avait envie de le vider. De préférence d’un trait. — Mais toi, Tara… Qu’est-ce que tu fiches ici en plein cœur de la forêt de Kyongju ? — Le hasard mon vieux ! Le hasard. Aujourd’hui, c’est la Corée, demain ce peut être Tombouctou ou Dunkerque, va savoir ! Je vais là où me mènent les vents. Ce bougre s’intéressait vraiment à moi, il me posait de multiples questions sur mon mode de vie nomade et s’inquiétait que je ressente une profonde solitude. Je lui expliquais que je recherchais comme tout le monde le bonheur. Je l’avais trouvé dans les voyages et dans les rencontres. Une alchimie étrange s’était installée entre nous. Nous étions naturels, sans masques, et parlions comme si nous nous connaissions depuis des siècles. Très vite, la conversation glissa vers nos envies, nos besoins, nos curiosités humaines. — C’est quand même drôlement étrange, le sexe. Je veux dire, ce qu’il se passe dans nos méninges. — Oui, c’est une sorte de déconnexion. — Une récréation pour le cerveau. — Une façon d’être en osmose avec soi-même. — Et avec l’autre ! — Alors ce serait plutôt de la symbiose, non ? À force d’en parler, ça m’avait pris d’un coup. J’avais envie… non, j’avais besoin. Enfin – c’était mon corps, ou ma tête, ou les deux qui réclamaient cette déconnexion-là. Mon patapouf n’était vraiment pas le genre de mec sur lequel je fantasme habituellement, mais il ...