1. Mon amour de Bouddha


    Datte: 06/10/2026, Catégories: #initiatique, fh, religion, forêt, fête, Auteur: Turlupine, Source: Revebebe

    J’étais en vacances en Corée du Sud et je visitais le Temple de Pulguksa à Kyongju. Fondé au VIe siècle par le roi Pophung (que j’ai bien connu dans ma jeunesse), qui adopta le bouddhisme comme religion nationale, l’édifice était en ce jour décoré de centaines de lanternes. On m’expliqua que c’était pour l’anniversaire de Bouddha.
    
    Le temple dominait la ville, dont on ne devinait plus que les toits courbés des hanoks traditionnels. Par endroits flottait un parfum de jasmin, mais c’était surtout l’odeur enivrante de l’encens qui me titillait les narines. Je m’enfonçais, comme on entre dans un rêve éveillé, portée vers un monde ancien, sacré – et pourtant terriblement vivant.
    
    Les yeux levés vers le ciel, émerveillée par les myriades de lanternes colorées – véritables lucioles suspendues – je réalisai soudain que j’étais la seule étrangère, la seule touriste. J’en étais rassurée, car je fuyais et (je fuis encore) cette engeance. Cela faisait déjà deux jours que le Yeondeunghoe, illuminait les chemins menant aux temples, deux jours que j’en prenais plein les mirettes.
    
    Il faisait assez doux, le thermomètre avoisinait les 15° et la journée restait ensoleillée. Je prenais des photos, demandais à quelques autochtones d’immortaliser mon passage dans leur beau pays en prenant des clichés de ma pomme au pied des Azalées, ou des Aralias. En pleine saison des Danpung, les érables rouges ou les Ginkos dorés coloraient de leurs plus belles couleurs la grande place sise devant le ...
    ... temple.
    
    C’était un véritable décor féérique, presque irréel.
    
    Le soir tombait à présent et avec lui, le pays glissait doucement vers l’hiver. Une petite laine s’imposait. À part ce froid qui s’immisçait, l’ambiance restait festive. Je m’amusais à suivre les lucioles attirées par les lumières.
    
    Tandis que les moines se retiraient, calfeutrés dans leurs monastères à méditer, une autre population prenait doucement possession des lieux. D’abord quelques silhouettes tirant des chariots bringuebalants, puis des voix qui se répondaient dans la pénombre.
    
    Des lanternes de papier s’allumèrent une à une, dévoilant des tréteaux de fortune, des bâches tirées à la hâte, des paniers remplis de châtaignes grillées et de gâteaux de riz encore tièdes. L’odeur du bouillon d’eomuk se mêlait à celle du thé au gingembre, montant en volutes dans l’air frais du soir.
    
    Quelques vendeurs proposaient aussi des beondegi fumants dans de petits gobelets – un parfum que je n’étais pas certaine de vouloir affronter. Sans trop y penser, je me retrouvai devant un zinc improvisé, un bar ambulant fait de bric et de broc, où la vapeur s’élevait d’une marmite mystérieuse.
    
    L’alcool n’était pas servi dans l’observance des fêtes religieuses, mais il était possible de goûter au Soju, la liqueur brûlée. L’Occidentale que je suis s’est très vite retrouvée au centre des concupiscences et nombre de verres m’ont été offerts. Je ne suis pas du genre à refuser, côté principe, je suis bien éduquée. Bien sûr, ...
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