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La Lettre
Datte: 30/09/2026, Catégories: BDSM / Fétichisme Auteur: Nollan, Source: Literotica
... excitant, n'est-ce pas? Mathilde me posa cette question à brûle-pourpoint, un soir alors que nous prenions le café sur la terrasse. Je ne sus que répondre. La réponse était évidente. Le garçon n'était pas une beauté physique époustouflante. Pourtant cet aspect androgyne, ce manque de retenu, cet exhibitionnisme exacerbé devrais-je dire, couplé à un important degré de soumission, tout cela contribuait à rendre ce garçon attirant. Et bizarrement, je ne pouvais pas penser à lui comme à un homme. Non, c'était un garçon, un post-adolescent, un jeune homme peut-être, mais un homme? Non! Sa stature fragile complètement dépouillée n'évoquait pas la virilité mature mais bien son contraire. Tout en lui évoquait l'ambiguïté, l'ambivalence que son physique oscillant entre homme et femme trahissait. Mais plus que tout, il jouait de l'indécision qu'il projetait pour en faire une de ses caractéristiques: un trait de son caractère. C'est ce que je répondis finalement à Mathilde. -- Je l'ai choisi pour ça, dit-elle. Il a quoi? Vingt-un, vingt-deux ans, on dirait qu'il sort du ventre de sa mère. Pourtant, il bande bien, mais il en sait pas nous dire non. N'éprouves-tu jamais le besoin de considérer les hommes comme des enfants? Je veux dire l'homme vivant près de toi, partageant ta vie, le traiter comme un homme-enfant à dorloter, à cajoler, à nourrir, à guider, à gronder, à punir? Je regardais Mathilde sans vraiment comprendre où elle voulait en venir. -- Avant de me marier, j'ai ...
... connu un garçon comme lui. Il ne plaisait pas à mes parents... Je ne dis rien. J'avalai une gorgée de café pour meubler mon silence. -- On était jeunes. J'étais riche, pas lui, enchaina Mathilde. Je ne sais pas si je l'aimais. Je n'ai pas eu le temps de le savoir. Il accomplissait mes quatre volontés, j'avais l'impression d'être une reine. Pas pour mon argent, cet insupportable fric, mais pour moi. Mes parents pensaient qu'il n'avait aucun caractère. C'était pas faux. Mais je m'en foutais. Surtout, ils trouvaient qu'il était pauvre et qu'il lorgnait notre pognon. Ce qui était absurde, il ne m'avait jamais parlé de mariage, il ne prenait pas d'initiative... à part celle de satisfaire mes désirs. Parfois... Parfois, quand il sentait qu'il ne m'avait pas comblée... Mathilde semblait hésiter, non pas à évoquer son souvenir, mais sur les mots à employer. Elle commençait, s'arrêtait sur la première ou la deuxième syllabe d'un mot, recommençait. Finalement elle reprit: -- Parfois, il prenait ma main et m'imposait de lui claquer les fesses! Elle avait jeté la phrase d'un trait et s'était tue. J'allais rompre le silence lorsqu'elle me coupa: -- Puis mes parents m'ont présenté à celui qui deviendrait mon futur mari, riche et charmant... Comme elle restait à nouveau sur un long silence songeur, je lui demandai ce qui était advenu de cet amour de jeunesse. -- Que veux-tu qu'il se soit passé? Ce jeune n'a pas lutté. Il s'est soumis. Peut-être ne m'aimait-il pas... ...