1. Imbroglio


    Datte: 29/09/2026, Catégories: #policier, Auteur: Laetitia, Source: Revebebe

    ... morphologie, avaient cette fois pris un véhicule XXL.
    
    — Ils sont donc sortis rapidement de l’hôpital, dis-je. Dommage.
    — Apparemment. Ils s’en sont tirés sans trop de casse. Je suppose qu’ils vont rester discrets. Je les vois bien avec plusieurs polices et la DGSI au cul, ajouta Nelle.
    — Note bien qu’ils ont des gros culs.
    
    Vers 16 heures, nous étions en approche de la zone portuaire du Havre, pour notre rapide repérage. Quand nous sommes reparties, il tombait des trombes d’eau cette fois. Je m’engageais dans une station-service. Le gérant semblait somnoler dans sa guérite alors que je faisais le plein. Le pick-up américain monstrueux se gara à la pompe d’à côté. Le gérant allait faire l’affaire de l’année. Remplir le réservoir du pick-up allait vider ses cuves.
    
    Le conducteur de l’engin ne fut d’abord pas visible derrière les verres teintés. Mais la vitre électrique descendit et la tête de Moussa parut. Il me fixa en essayant de se donner un air terrifiant. Peut-être que ça aurait pu marcher, mais l’énorme pansement en travers de son front annulait absolument l’effet inquiétant et le rendait tout simplement comique. Il ressemblait plutôt à un œuf de Pâques. Je lui éclatais de rire au nez. Je soulevais un pan de mon blouson pour découvrir le holster à ma ceinture, contenant mon Walther PPK.
    
    — En prévision de notre rencontre, j’ai remplacé mes munitions habituelles par des balles expansives semi-blindées. Tu vois, je te gâte.
    
    Il me regarda avec un air ahuri. Il ...
    ... était dommage que je ne puisse pas tirer tout de suite, là, sans le moindre commencement de discussion.
    
    — Je vais écraser ta tête entre mes mains, me dit Moussa tout de même.
    — Ça me paraît exagéré.
    
    Je retirais ma carte de crédit de la pompe et je remontais au volant, tout en continuant à rire.
    
    — Je ne pensais pas que cette rencontre imprévue produirait sur toi cet effet d’hilarité, me dit Nelle.
    
    Sur ses genoux reposait son Beretta. Je déposais un baiser sur sa joue, puis sur ses lèvres.
    
    La calandre monstrueuse du pick-up restait derrière nous à une cinquantaine de mètres. Un petit projet était en train de germer dans nos têtes.
    
    — Je pensais reporter la rencontre décisive et définitive avec les deux monstres à demain, mais pour ce faire, il ne faut pas les perdre de vue.
    — Ne les semons surtout pas, me dit Nelle.
    — Il faut que je dorme quelques heures d’affilée. Nous nous occuperons du cas de ces messieurs demain matin.
    — Alléluia, répondit Nelle. On retourne à Honfleur retrouver Renata, dîner et dormir ?
    
    J’avais passé des week-ends romantiques et érotiques sur la côte normande à une époque. Époque à laquelle je n’imaginais pas que je serais un jour suivie par deux tueurs africains, de cent vingt kilos chacun, au volant d’un pick-up non moins monstrueux, sur la route entre Pont-Audemer et Honfleur.
    
    Le lendemain, nous sommes sorties discrètement de notre hôtel avec Nelle, laissant l’Audi bien en vue sur le parking. Les deux truands se trouvaient à ...
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