1. Imbroglio


    Datte: 29/09/2026, Catégories: #policier, Auteur: Laetitia, Source: Revebebe

    ... Renata ! Je peux compter sur vous ?
    — Je ne fais que cela, protégez Renata.
    — S’il vous plaît, si vous le pouvez… liquidez aussi le Genevois.
    — Si j’en ai l’occasion, je ne manquerais pas de le faire. Vous pouvez compter là-dessus.
    — Merci. Pouvez-vous me repasser ma fille, s’il vous plaît ?
    
    Renata reprit le téléphone :
    
    — Je sais que je n’ai pas toujours été le meilleur père… Peut-être trop rigide, parfois… Mais je t’aime Reni…
    
    Et il raccrocha. Reni, c’est tout mignon comme petit surnom.
    
    — Reni ? demandais-je à Renata.
    — Il m’appelait comme ça quand j’étais enfant. C’est un peu ridicule, non ?
    — Non, c’est très joli Reni.
    
    Est-ce qu’on allait se mettre aussi à appeler Shadow, je ne sais pas Chacha, par exemple ? Enfin bref…
    
    Nous avions convenu de laisser Renata à Honfleur, et d’aller, Nelle et moi, faire du repérage sur le port du Havre. Juste pour jauger la configuration des lieux. L’arrivée du cargo n’était prévue que dans quelques jours.
    
    Après le pont de Tancarville, il se mit à tomber de la pluie normande, laquelle, pour le connaisseur, ne saurait se confondre avec la pluie bretonne. La première à des gouttes petites et piquantes, plus que la seconde, qui elle a des gouttes plus molles. Du moins, c’est ce que Nelle expliqua avec son accent néerlandais au serveur du restaurant où nous étions arrêtées. Le pauvre hochait la tête, légèrement éberlué et à moitié convaincu. J’adorais l’humour pince-sans-rire de Nelle et la manière qu’elle avait ...
    ... d’expliquer des énormités avec le plus grand sérieux. En fait, j’adorais pas mal de choses chez Nelle. Son sang-froid et son professionnalisme indispensables dans notre branche, mais aussi ses jolies fesses, sa manière d’embrasser, et de donner du plaisir à sa partenaire. Froide, une arme à la main, beaucoup moins froide au lit. C’était Nelle.
    
    Avant de repartir, je la laissais monter dans l’Audi et je téléphonais à Renata sur le parking :
    
    — J’ai fait une bêtise, je crois, me dit-elle d’emblée.
    — C’est-à-dire ?
    — J’ai dit à mon père où me rejoindre.
    
    Je pris sur moi pour garder mon calme.
    
    — En effet, dis-je posément, c’est très con.
    — Con ?
    — Blöd, con quoi.
    — Oui, je sais, mais je ne pouvais pas le laisser comme ça. Tu comprends ?
    
    Je comprenais. Enfin, j’essayais.
    
    — Il arrive quand ?
    — Demain, à la gare de l’Est à Paris.
    — Qu’il prenne le train jusqu’à Honfleur, nous irons le chercher quand on en aura terminé ici.
    — Merci… Merci…
    
    Quand elle prenait ce ton plein de détresse, il ne me restait plus qu’à céder. Une indécrottable romantique, je vous dis…
    
    — Nous avons un problème, dis-je à Nelle en raccrochant et en montant dans la voiture.
    — Ah ? dit-elle. Laisse-moi deviner… Renata a téléphoné à son père pour lui dire de venir.
    — Gagné…
    — Autre bonne nouvelle, jette un œil à la voiture garée là-bas. Le gros pick-up.
    
    Bakary et Moussa. Les deux types, grands et gros, qui avaient manifestement l’habitude de louer des voitures toutes petites malgré leur ...
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