1. Imbroglio


    Datte: 29/09/2026, Catégories: #policier, Auteur: Laetitia, Source: Revebebe

    ... recommençais mon cirque. Mais cette fois, il faisait complètement nuit, je pouvais donc changer de technique. J’éteignis mes phares. J’étais dans un état assez bizarre. À la fois excitée comme une puce, et à la fois froide et calme. Il fallait prier pour que ne vienne pas à l’idée d’un automobiliste en face, de doubler. Il rencontrerait alors une Audi tous feux éteints lancée à deux cents. J’arrivais sur la Mini. En face le nez d’un poids-lourd apparu. Je le laissais passer, doublais aussitôt après et me rabattis juste devant la Mini. Comme je n’avais aucune lumière, ou Moussa, ou Bakary, allez savoir lequel conduisait ne vit que mes feux-stop s’allumer sous son nez, légèrement aveuglé par les phares du camion qui les avaient éclairés juste avant. Cette fois, ça marcha. La Mini prit d’elle-même la décision de quitter la route, en dépit de l’avis de son énorme conducteur. Je l’imaginais crispé sur le volant en écrasant le frein avec ses réflexes, cette fois émoussés. Malheureusement, elle partit sur la droite et n’alla donc pas s’écraser contre le poids-lourd suivant qui déboulait en face. Dommage… Dans le rétroviseur, je vis les phares de la Mini à une hauteur anormale. Puis lesdits phares de la jolie voiture anglaise inspectèrent le ciel. Je ne vis pas la suite, nous étions déjà trop loin.
    
    — Ils conduisent donc imprudemment, dit Nelle. Ça se confirme. On doit toujours rester maître de son véhicule.
    
    J’eus un petit rire. À l’arrière, j’entendis Renata déglutir.
    
    — Je ...
    ... ne savais pas qu’on pouvait faire ça avec une voiture, dit-elle. Vous croyez que ces deux types sont… morts ?
    — Je n’en sais rien, répondis-je
    
    Nous étions débarrassées des deux truands. Morts ou pas, ils n’étaient plus à nos basques.
    
    Le reste de la route fut bien plus calme et reposant. Je ne faisais que quelques excès de vitesse, rares et prudents. Nous sommes arrivées tard dans la nuit en Normandie. Nous avons trouvé une chambre dans un hôtel près de Honfleur, pas très loin du Havre.
    
    — Avez-vous une chambre triple ? demanda Nelle au réceptionniste.
    — Euh non… Ce n’est pas commun, répondit-il.
    — Notre amie est pingre. Devoir payer trois chambres la met dans tous ses états, dis-je au pauvre garçon qui ne comprenait plus rien à notre histoire. Donc une chambre triple serait l’idéal. L’avarice est un péché, capital même, mais on a tous nos petits travers, n’est-ce pas ?
    — Euh… je peux faire ajouter un lit pour une personne dans notre chambre double la plus grande.
    — Faites donc. King Size le lit double ? demanda Nelle.
    — Euh… oui.
    — Alors, c’est parfait.
    — Parfait, confirmais-je.
    
    Renata eut un petit rire qui désarçonna encore plus le pauvre réceptionniste.
    
    Le lendemain matin, le portable de Renata sonna :
    
    — Papa ?
    — Ça fait très longtemps que tu ne m’avais pas appelé comme ça…
    — Où es-tu ?
    — À l’abri, ne t’inquiète pas. Personne ne sait où je suis. Peux-tu me passer Mademoiselle Beaumanoir ?
    
    Je pris le téléphone :
    
    — Il faut que vous protégiez ...
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