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Petite musique de chambre
Datte: 28/09/2026, Catégories: Entre-nous, Hétéro Auteur: CDuvert, Source: Hds
... murmure-t-il. "Vous commencez à vous abandonner." Le mot 'abandonner' résonne en moi comme une invitation défendue. Nos instruments dialoguent maintenant dans une intimité grandissante. La lumière dorée décline, les ombres s'allongent dans la pièce, et je sens que quelque chose d'irréversible commence entre nous. "Alexandre", je chuchote, sans savoir ce que je veux lui dire. "Oui ?" "Cette musique... elle me fait ressentir des choses que je ne devrais pas..." "Pourquoi ne devriez-vous pas ?" Sa voix porte une douceur troublante. "La beauté n'a pas de morale, Élise. Elle n'a que la vérité." Il se lève du piano, s'approche de moi. L'espace entre nous se rétrécit, l'air devient plus dense. Je sens son parfum masculin, mélange de bois de santal et de quelque chose de plus primitif. "Jouez encore", dit-il en se plaçant derrière moi. "Mais cette fois, ne pensez à rien d'autre qu'à ce que vous ressentez." Sa proximité trouble mes sens. Quand je lève l'archet, sa main effleure mon bras, guide mon geste. Cette fois, la note qui naît porte en elle tout le poids de notre désir naissant. # Chapitre 2 Les répétitions deviennent nos rendez-vous secrets avec l'intimité. Alexandre arrive toujours avant moi, comme un amant qui prépare le lit de ses plaisirs. Je le découvre disposant les partitions avec cette minutie qui caractérise les hommes passionnés. Ses doigts caressent le papier jauni comme ils caresseraient bientôt ma peau. « J'ai ouvert la fenêtre », ...
... dit-il sans lever les yeux quand je pousse la porte. « L'air était trop lourd hier soir. » Sa voix porte cette note grave qui résonne dans mon ventre. Je découvre le café fumant sur la table basse. Un nuage de lait, une pointe de cannelle. Il connaît déjà mes goûts. Cette pensée me trouble plus que je ne veux l'admettre. « Merci », murmuré-je, portant la tasse à mes lèvres. Le breuvage brûlant glisse dans ma gorge. « Comment savez-vous ? » « J'observe », répond-il simplement, et ses yeux sombres se posent sur moi avec une intensité qui me fait frissonner. Je m'installe dans mon rituel, sortant le violon de son écrin de velours. Mes gestes sont précis, mécaniques presque. Mais je sens son regard sur mes mains, sur la courbe de mon cou quand je penche la tête pour écouter les cordes. Cette surveillance silencieuse éveille en moi une conscience aiguë de mon corps. « Vous jouez depuis longtemps ? » demande-t-il en effleurant les touches du piano. « Depuis l'enfance. Et vous ? » « Toujours. Je crois que je suis né avec la musique dans les doigts. » Il me montre ses mains, longues et fines, aux ongles soigneusement taillés. Je les imagine sur moi et cette pensée me fait rougir. Le petit claquement sec de la corde qui casse rompt brutalement cette intimité naissante. Mon soupir de frustration emplit le silence. Alexandre se lève immédiatement, ouvre le tiroir d’une console avec des gestes sûrs. « Laissez-moi faire », dit-il en s'approchant avec une corde ...