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Petite musique de chambre
Datte: 28/09/2026, Catégories: Entre-nous, Hétéro Auteur: CDuvert, Source: Hds
# Chapitre 1 La salle de répétition baigne dans cette lumière dorée qui transforme les après-midi d'automne en cathédrales de désir. À travers les rideaux de velours grenat, le soleil déclinant caresse les murs comme une main d'amant patient. J'ajuste l'épaulière de mon violon, et dans ce geste millénaire réside déjà toute la sensualité du monde. Mes doigts effleurent les cordes avec cette précision que seules possèdent les femmes qui connaissent l'art de faire vibrer ce qui doit vibrer. L'odeur de la résine monte vers moi, primitive et enivrante. Elle se mêle au parfum du bois verni, à celui du cuir des étuis ouverts comme des bouches affamées. C'est étrange, comme chaque salle de musique exhale cette même fragrance d'intimité partagée. J'inspire profondément, gonflant ma poitrine sous le chemisier de soie blanc, avant de porter l'archet à la corde de sol. "Attendez", murmure une voix grave derrière moi. Je me retourne. Alexandre s'approche du piano demi-queue, ses pas résonnent sur le parquet ciré. Dans son regard fixe réside déjà la promesse de tous les troubles à venir. Il s'assoit sur le banc, ajuste sa position avec cette grâce assurée des hommes habitués à séduire par leurs gestes. "Commencez", dit-il en posant ses mains au-dessus des touches. "Je vous suis." La première note s'élève de mon violon, pure et cristalline. Dans cette vibration unique réside tout le mystère de la création : comment un geste, une pression, un frôlement peuvent-ils ...
... donner naissance à la beauté ? Alexandre entre dans la mélodie, ses doigts dansent sur l'ivoire avec une sensualité troublante. "Vous jouez comme si vous disiez une prière", murmure-t-il soudain, sans cesser de jouer. Je suspends mon archet, l'immobilise à quelques millimètres des cordes. Ma voix tremble légèrement quand je réponds : "Une prière ?" "Ou comme si vous faisiez l'amour." Les mots tombent dans l'espace doré comme des gouttes d'huile sur une peau nue. Je sens une chaleur sourde remonter de mon ventre vers ma gorge. Comment ose-t-il ? Mais au lieu de l'indignation attendue, c'est une curiosité trouble qui s'empare de moi. "Vous dites cela à toutes vos partenaires de musique ?" je demande, tentant de masquer mon émoi sous l'ironie. Alexandre sourit, ses yeux ne quittent pas les miens. Sa voix devient plus grave, plus intime : "Non. Seulement à celles qui font naître en moi cette... résonance particulière." Ses mains continuent de caresser les touches, créent une harmonie langoureuse qui semble répondre aux battements de mon cœur. L'air de la pièce s'épaissit, chargé d'une électricité nouvelle. "Reprenez", dit-il simplement. "Laissez-vous aller. La musique ne ment jamais." Je porte l'archet à mon violon, mes doigts tremblent imperceptiblement. Cette fois, la mélodie qui s'élève porte en elle quelque chose de différent, de plus profond. Alexandre répond par des accords qui semblent naître de mes propres pensées secrètes. "C'est mieux", ...