1. Je suis un garçon


    Datte: 26/09/2026, Catégories: #nonérotique, #fanfiction, Auteur: Aventurine, Source: Revebebe

    ... alors… ma domestique, et tu pourrais me coiffer comme tu veux !
    — Mais arrête Ève, ronchonne Emma. Arrête de vouloir tout le temps jouer avec elle, tu vois bien qu’elle est pas comme nous ! Elle se moque du monde, avec ses airs de faux garçon !
    
    D’un air mêlant la curiosité à l’embarras, Ève m’étudie alors des pieds à la tête. Elle ouvre la bouche, mais aucune réponse n’en sort. Enfin, laissant sa sœur lui prendre doucement la main, elle se laisse entraîner dans la maison sans se retourner.
    
    Je reste seule, plantée au milieu de la cour. Je m’en moque, si elles ne veulent pas jouer avec moi. C’est tant mieux, si je ne suis pas comme elles. Les bottines foulant furieusement la poussière, je repasse devant Dick qui se remet à aboyer, comme pour bien me signifier ce que j’ai déjà compris : tu n’es pas la bienvenue ici.
    
    De retour sur le chemin, je décide de gagner le bosquet tout proche, en bordure duquel j’ai construit une cabane de branchages. Seulement, cette fois, le tipi de bois est occupé par trois garçons du hameau, affairés à y ajouter des branches. Épée sur l’épaule, j’avance vers eux en feignant l’assurance, sans montrer aucune intention de m’arrêter. Ils ne savent pas que c’est moi qui ai construit cette cabane et la lutte pour sa reconquête me paraît perdue d’avance, à trois contre un. Les garçons font d’abord mine de ne pas me voir, avant que le plus joufflu d’entre eux ne m’apostrophe, d’un ton bourru :
    
    — Eh, toi, approche un peu par ici !
    
    Je suis ...
    ... cuite. Instinctivement, je serre plus fort mon arme et pense à mes soldats laissés sans commandement. Le garçon n’est pas plus âgé que moi, mais il est bien plus grand. Maculé de terre, son T-shirt blanc boudine ses bras vigoureux et son buste bordé par quelques bourrelets. Je m’avance vers le tipi à pas lents. Deux têtes hirsutes émergent de l’entrée de la cabane et nous observent avec curiosité.
    
    — Fais voir ton épée.
    
    J’hésite. Le colosse esquisse un sourire tentant la bienveillance, saisit l’objet que je lui tends timidement et l’observe sous toutes les coutures. J’ai passé des heures à façonner mon arme, à partir de deux morceaux de palissade sciés à la bonne taille et cloués ensemble. Longuement, j’ai poncé la lame pour en arrondir les arêtes, à l’aide d’un vieux morceau de papier de verre. Puis j’ai converti un tournevis en burin pour graver sur la garde, à coups de marteau précis, des motifs semblables à des plumes. Sur la poignée, j’ai ajouté des crans pour assurer la prise, jusqu’à ce que se forment plusieurs ampoules douloureuses sur mes paumes menues. Au bout de quelques secondes interminables, le garçon me jette un regard dubitatif et ronchonne :
    
    — C’est toi qu’as fait ça ?
    
    Je hoche fièrement la tête.
    
    — C’est pas mal. Mais attends de voir la mienne, d’épée.
    
    Me rendant mon arme sans délicatesse, le colosse fait volte-face et disparaît dans le tipi, d’où il émerge presque aussitôt, flanqué de ses deux camarades. Se positionnant à la manière d’un ...