1. La danseuse et le luthier


    Datte: 16/09/2026, Catégories: Entre-nous, Hétéro Auteur: CDuvert, Source: Hds

    ... Elle ralentit ses mouvements, les amplifia, laissant son corps s'exprimer avec une sensualité qu'elle n'avait jamais osée sur scène.
    
    Thomas adapta instinctivement son jeu, ralentissant le tempo, appuyant sur certaines notes pour épouser la courbe de ses hanches quand elle se cambrait, accélérant quand elle tournait sur elle-même.
    
    Quand la musique s'arrêta, ils restèrent face à face, troublés par l'intensité de ce qui venait de se passer.
    
    — C'était... commença Thomas.
    
    — Oui.
    
    Ils se sourirent, complices malgré eux.
    
    — Écoutez, dit-il en reposant son violon. Je travaille sur une commande pour l'Opéra de Lyon. Une pièce contemporaine. Le compositeur cherche quelque chose d'inédit, quelque chose qui sorte des sentiers battus. Et ce que vous venez de faire...
    
    Il s'interrompit, cherchant ses mots.
    
    — Accepteriez-vous de revenir ? Je pourrais composer quelque chose spécialement pour vos mouvements. Pas pour un spectacle, juste... pour voir.
    
    Léa sentit son cœur battre plus fort. Depuis des semaines, elle avait l'impression que sa vie s'arrêtait. Et voilà qu'un inconnu lui offrait une raison de danser à nouveau.
    
    — Quand ?
    
    — Demain soir ? Après la fermeture. Nous serions plus tranquilles.
    
    Il y avait dans sa voix une note d'espoir qui résonna en elle. Elle acquiesça.
    
    — Thomas Beaumont, dit-il en lui tendant la main.
    
    — Léa Moreau.
    
    Leurs paumes se touchèrent. La sienne était chaude, légèrement râpeuse. Elle s'attarda une seconde de trop dans ...
    ... cette poignée de main, troublée par cette intimité soudaine avec un homme qu'elle venait de rencontrer.
    
    Quand elle quitta l'atelier, l'air frais d'octobre lui parut moins mordant. Pour la première fois depuis des semaines, elle avait envie de demain.
    
    Derrière la vitrine, Thomas la regarda s'éloigner, sa silhouette ondulant naturellement au rythme de ses pas. Il avait déjà hâte de la voir danser à nouveau, de comprendre les secrets que portait son corps, de traduire en musique cette grâce troublante qu'elle dégageait.
    
    Aucun des deux ne se doutait que leur rencontre venait de dessiner les premières mesures d'une partition qui les mènerait bien au-delà de l'art.
    
    ***
    
    Le lendemain soir, Léa poussa la porte de l'atelier avec une nervosité qu'elle ne s'expliquait pas. Thomas avait préparé l'espace : il avait repoussé quelques établis contre les murs, dégageant une zone plus large au centre de la pièce. Des bougies éclairaient l'atelier d'une lumière dorée qui faisait danser les ombres des instruments suspendus.
    
    — Je me suis dit que vous auriez besoin de plus d'espace, expliqua-t-il.
    
    Il portait une chemise blanche aux manches retroussées, et Léa remarqua la façon dont le tissu épousait la ligne de ses épaules. Elle avait troqué sa tenue de ville contre un legging noir et un top près du corps – sa tenue de travail habituelle, mais qui lui semblait soudain plus révélatrice sous le regard attentif de Thomas.
    
    — Montrez-moi d'abord votre gestuelle naturelle, dit-il en ...
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