1. Mademoiselle et le professeur de piano


    Datte: 13/09/2026, Catégories: Entre-nous, Hétéro Auteur: CDuvert, Source: Hds

    ... parfum de ma peau fraîche se mêle à son eau de cologne. Il respire un peu plus profondément, et je vois ses narines se dilater imperceptiblement.
    
    Partie I - Premier mouvement
    
    Le silence ouaté du salon de musique nous enveloppe sitôt la porte refermée sur mes parents. Seule avec Maître Dumont, je savoure déjà l'exquis frisson de ce qui s'annonce comme ma plus délicieuse aventure pédagogique.
    
    « Maître Dumont, laissez-moi vous guider jusqu'au piano », dis-je d'une voix mielleuse, posant délibérément ma main sur son bras avec une familiarité calculée.
    
    Il tressaille imperceptiblement sous mon contact. Sa surprise se teinte d'une politesse professionnelle qu'il s'efforce de maintenir.
    
    « C'est très aimable, Mademoiselle Charlotte, mais j'ai pris mes repères dans la pièce. Un musicien apprend vite à... »
    
    « Mais j'insiste ! » je l'interromps avec cette obstination charmante que je sais irrésistible. « Comment pourrais-je apprendre si je ne commence pas par vous servir de guide ? Considérez cela comme... ma première leçon de savoir-vivre musical. »
    
    Il cède avec un sourire indulgent, se laissant conduire vers le banc. Je profite de ces quelques pas pour me presser contre lui plus qu'il n'est nécessaire, laissant mon parfum - un mélange subtil de jasmin et de bergamote - l'envelopper dans son sillage.
    
    « Vous portez un parfum... particulièrement délicat », remarque-t-il malgré lui en s'asseyant. « C'est... troublant. »
    
    « Troublant ? » je répète avec une ...
    ... innocence feinte, prenant place à ses côtés sur le banc, assez proche pour que nos hanches se frôlent. « J'espère que cela ne vous déconcentrera pas, Maître. Il serait dommage que mes... parfums naturels nuisent à votre pédagogie. »
    
    Le pauvre homme déglutit avec difficulté. Il pose ses mains sur le clavier avec cette précision d'homme habitué à vivre dans l'obscurité, mais je note que ses doigts tremblent légèrement.
    
    « Commençons par quelques gammes simples », dit-il d'une voix qu'il s'efforce de maintenir professorale. « Posez vos mains sur les touches, nous allons travailler le doigté de base. »
    
    J'obéis avec une docilité trompeuse, plaçant mes mains sur le clavier. Puis, avec la spontanéité calculée d'une ingénue curieuse :
    
    « Vos mains sont si expressives, Maître. Puis-je les toucher pour mieux comprendre votre technique ? »
    
    Il hésite, tiraillé entre ses scrupules professionnels et cette curiosité tactile que développent tous les aveugles.
    
    « Eh bien... si c'est dans un but purement pédagogique... »
    
    « Naturellement ! » je m'exclame avec l'enthousiasme d'une étudiante modèle. « Comment comprendre l'art du piano sans étudier les mains du maître ? »
    
    Il accepte, troublé mais tentant de préserver sa dignité professionnelle. Je saisis ses poignets avec une délicatesse révérencieuse, faisant glisser mes doigts le long de ses phalanges comme si j'explorais les touches d'un instrument précieux.
    
    « Comme vos doigts sont longs et fins », je murmure, guidant ses mains ...
«1...345...23»