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Mademoiselle et le professeur de piano
Datte: 13/09/2026, Catégories: Entre-nous, Hétéro Auteur: CDuvert, Source: Hds
... l'entrée. J'ai pris soin de choisir ma tenue avec une attention particulière : jupe plissée bleu marine qui s'arrête sagement aux genoux, chemisier blanc en lin véritable, petit caraco de soie... que j'ai délibérément laissé dans ma chambre. De même que mes autres dessous. « Charlotte », murmure maman en m'inspectant d'un œil critique, « tu es parfaite. L'image même de la jeune fille bien élevée. » Si elle savait ! La porte du salon s'ouvre, et Maître Dumont fait son entrée. L'effet est saisissant : un homme d'une cinquantaine d'années, grand, élégant, ses cheveux poivre et sel parfaitement coiffés en arrière. Sa canne blanche glisse sur le parquet avec une grâce étudiée, et ses yeux d'un bleu délavé fixent un point invisible au-delà de nos têtes mortelles. Il porte un costume anthracite impeccable, une montre-gousset en or, et ses mains... Ah, ses mains ! Longues, fines, expressives, avec des doigts de pianiste qui semblent danser dans l'air quand il s'oriente. Des mains qui connaissent l'art du toucher délicat, de la caresse précise... « Maître Dumont ! » s'exclame papa en s'avançant. « Quel honneur de vous recevoir ! » Le professeur incline la tête avec cette dignité un peu théâtrale des artistes habitués aux salons parisiens. « Tout l'honneur est pour moi, Monsieur le Comte. Madame la Comtesse », ajoute-t-il en se tournant instinctivement vers la voix de maman. « Votre réputation de mécénat musical n'est plus à faire. » Maman rougit de plaisir. ...
... Ces flatteries d'artiste la ravissent plus qu'un compliment du couturier de la reine. « Et voici Charlotte », dit papa en me poussant légèrement en avant. « Notre fille unique. Nous espérons que vous saurez... canaliser ses dispositions naturelles vers des voies... harmonieuses. » Je m'avance avec cette grâce que m'ont enseignée mes professeurs de maintien, mes pas mesurés sur le parquet ciré. Maître Dumont tourne la tête dans ma direction, guidé par le bruissement de ma jupe et le léger claquement de mes escarpins. « Mademoiselle Charlotte », dit-il en s'inclinant avec une galanterie d'ancien temps. « J'ai hâte de découvrir vos talents... musicaux. » Sa voix est grave, bien timbrée, avec cet accent parisien distingué qui trahit une éducation soignée. Je remarque qu'il penche légèrement la tête de côté, comme s'il cherchait à me situer dans l'espace par d'autres moyens que la vue. « Tout le plaisir sera pour moi, Maître », je réponds de ma voix la plus sage, celle que je réserve aux grandes occasions familiales. « Papa et maman m'ont tant parlé de votre réputation. J'espère me montrer digne de votre enseignement. » Papa et maman échangent un regard attendri. Leur petite Charlotte joue à merveille son rôle de demoiselle bien élevée. « Parfait ! » s'exclame papa en se frottant les mains. « Dans ce cas, installons-nous au salon de musique. Charlotte, fais donc les honneurs à notre invité. » Je m'approche de Maître Dumont, sentant déjà son eau de cologne - ...