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Réveil
Datte: 08/09/2026, Catégories: #sciencefiction, fffh, Auteur: Claude Pessac, Source: Revebebe
... c’était avant-avant-hier ! — Nous sommes le vendredi 2 mai 2375 ! — Quoi ? Tranquillement, voire légèrement moqueuse, la femme explique. — Vous êtes notre invité depuis deux ans, maintenant… J’en reste bouche bée ! Deux ans ! Deux ans dans ce trou : mais je n’en ai aucun souvenir ! — Il y eut beaucoup d’autres candidats avant qu’on en arrive à vous ! Mais là, je vous laisse, Bati47. Fin de communication. Un guichet s’ouvre dans le mur. Un passe-plat avec un plateau. Comme un somnambule, je vais le récupérer. Mille interrogations me traversent l’esprit. Mille questions, mais peu, non pardon, pas de réponses. Aucune. J’avale une goutte de café : merveille des merveilles ! Un breuvage exceptionnel. Sans doute du vrai café, comme je n’en ai jamais bu. Rien à voir avec l’ersatz édulcoré qui nous est livré chaque matin. Celui-ci est corsé, puissant. Un délice ! J’observe mes tartines. Non, c’est trop : du vrai pain, de vraies céréales, un pain moelleux et croustillant sur les bords. Je crois avoir lu un jour que cela s’appelle de la baguette. Je ne parlerai pas du beurre, c’est du beurre véritable, doux, onctueux, gras ! Quant à la framboise/malapori, ben, oubliez le succédanée malapori, c’est bel et bien de la framboise. Un fruit dont je n’imaginais pas qu’il puisse en pousser encore quelque part sur la planète ! Un festin donc que je déguste jusqu’à la dernière miette. Me vient ensuite un gros coup de fatigue : trop d’émotions sans doute ! --- ...
... --- --- Je me réveille. Non, rien n’a changé, je suis toujours dans ma cellule. Dès que j’ai ouvert les yeux, la lumière a augmenté progressivement depuis les diodes du plafond. — Bonjour Bati47, me dit une voix douce. — Bonjour Jaja47, comment allez-vous ce matin… ou cet après-midi… ? — Ce matin, Bati47. Samedi 3 mai 2375. Votre petit-déjeuner va vous être servi. Après, je vous expliquerai ce que j’attends de vous aujourd’hui. Un petit chuintement m’indique que la conversation est terminée. Toujours aussi fabuleusement bonne que la veille, je me dépêche d’avaler ma collation, car je suis impatient de connaître la suite des événements. — Voici vos instructions ! Vous allez examiner des patientes. Ce que l’on me demande est très simple. Que je sois médecin facilite la tâche, mais à peu près n’importe quel péquin pourrait s’en acquitter, après une brève formation. Prendre les constantes, la tension, et deux trois bricoles, rien de bien compliqué. Une petite chose cependant me tracasse : — Vous allez me donner quelques vêtements, j’imagine, une blouse au moins ? — Non, c’est inutile. Votre tenue est parfaite. Parfaite ? Parfaite ! À poil pour faire la tournée des malades ? Bon, enfin, c’est pas comme si j’avais le choix ! La porte de ma cellule s’ouvre. Je découvre un couloir, une dizaine de portes. L’une est ouverte. En entrant, je suis sidéré : devant moi, sur un lit genre haute table de kiné, une femme. Tout d’abord, je la crois en suspension, en ...