1. La chaise mexicaine


    Datte: 04/09/2026, Catégories: #biographie, #psychologie, #rencontre, #confession, Oral Auteur: Amateur de Blues, Source: Revebebe

    ... qui l’attendait sur le parking, un petit barbu mal habillé au volant d’une voiture de sport ridicule. J’ai ressenti que cette petite femme bien apprêtée devait bien manquer de confiance en elle pour avoir épousé ce type et je me suis mis à la désirer à cet instant.
    
    Le ciel était couvert mais il ne se mettait pas à pleuvoir, comme je m’y attendais, ou comme je l’espérais. Il n’y avait aucun signe d’orage dans l’air et le petit lézard somnolait sur la pierre tombale. Il s’était habitué à moi, grand échalas presque immobile assis sur sa vieille chaise. Il s’était certainement aussi habitué à Ivy qui avait toujours aimé les petites bêtes et particulièrement les lézards.
    
    — Je ne savais pas trop comment m’y prendre alors l’affaire a traîné quelques semaines et les vacances arrivaient. Je me suis souvenu de la phrase de Felipe, dansMafalda : « Suis-je un homme ou une souris ? » et à un moment où elle était seule dans son bureau, je me suis assis en face d’elle et je lui ai dit que ma vie avait cessé d’être un long fleuve tranquille parce que j’étais amoureux d’elle. Ce n’était pas vrai au moment où je l’ai dit, si tu veux savoir. La plupart des femmes ont besoin de sentiments pour en venir au sexe, je ne t’apprends rien. Tu vois, il n’y a pas qu’à toi que j’ai menti. Pour moi, elle n’était pas assez intelligente, pas assez iconoclaste, pas assez féministe pour que je puisse tomber amoureux d’elle. Si tu suis bien, tu comprendras que je liste là les qualités qui m’ont fait ...
    ... rester à tes côtés une vie entière. Bref, cela n’a pas fonctionné tout de suite. Elle m’a tenu un long discours pour me dire que dans les histoires d’adultère, il y avait toujours quelqu’un qui finissait par souffrir et entre souffrir et faire souffrir elle ne voulait pas choisir. Mais le lendemain, elle m’appelait au téléphone, alors que nous étions dans deux bureaux voisins, pour me dire qu’elle avait mal dormi et qu’elle voulait reparler de tout ça à la rentrée. Et dès le mois de septembre, nous nous sommes retrouvés au lit ensemble.
    
    Avant de parler de sexe, je fais une nouvelle pause en dégustant une barre chocolatée. Comme je n’ai vu aucun signe de la veuve à talons aujourd’hui, je décide d’aller voir qui est enseveli là où elle pleurait. Tout le monde se connaît dans le village et je ne l’ai jamais vue. Je suis donc curieux de savoir qui elle pleure et puis l’absence de réaction d’Ivy me déprime. Personne en vue, je m’approche de la sépulture. Il s’agit d’un rejeton d’une vieille famille du coin. Il avait disparu de la circulation, fait fortune dans l’informatique et ne venait que très rarement dans le manoir familial à la sortie du village. Il me semblait l’avoir croisé une fois avec sa femme qui était une grosse dondon à l’air bovin, très différente de la pouliche à hauts talons. Retour à Ivy qui doit m’attendre.
    
    — La première fois avec Olivia, ce fut un éblouissement. Elle était très bien faite et elle considérait comme une mission de s’occuper de ma bite. Tu n’as ...
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