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La chaise mexicaine
Datte: 04/09/2026, Catégories: #biographie, #psychologie, #rencontre, #confession, Oral Auteur: Amateur de Blues, Source: Revebebe
... n’en avons jamais vraiment parlé et je crois que là, c’est le moment. Vas-y, lâche-toi et dis-moi comment tu as vécu cette période. Je m’échauffais en parlant et ma femme n’en avait rien à foutre. Le soleil me tapait fort sur le crâne alors qu’elle était tranquille au frais sous la terre. Et elle n’avait pas l’intention de participer à la discussion. J’allais devoir assurer le débat contradictoire tout seul. Mais j’avais vraiment trop chaud alors j’ai laissé tomber et je lui ai donné rendez-vous pour le lendemain. Quand je suis revenu, la matinée était bien avancée parce que j’avais mal dormi avant de finir par sombrer au matin dans un sommeil sans rêves. J’arrivais avec un parasol pour échapper au coup de soleil et des chips, du saucisson de du fromage. Je comptais bien passer la journée à raconter toutes mes maîtresses à ma femme. Mais quand je me suis retrouvé devant la tombe, j’ai tout de suite vu que quelque chose n’allait pas. La chaise mexicaine avait disparu. Qui pouvait bien voler une vieille chaise en mauvais état dans un cimetière ? Ivy y était-elle pour quelque chose ? J’ai erré dans les allées en pensant à une farce de mauvais goût. Mon village étant installé à flanc de colline – on dit « village perché » par ici – toutes les rues sont en pente et le cimetière qui est installé en haut du village n’échappe pas à la règle. Si bien que de la tombe d’Ivy installée à côté de celle de sa mère tout en bas, une bonne moitié des tombes échappent à notre vue. J’ai ...
... donc grimpé jusqu’en haut pour finir par découvrir ma chaise occupée. Une femme à chignon et robe noire était assise dessus et elle pleurait doucement, le visage dans les mains. Comme elle me tournait le dos, elle ne s’était pas aperçu de ma présence et je décidai de ne pas la déranger. Je suis retourné jusqu’à ma femme, j’ai installé le parasol et je me suis assis dans l’herbe. — Tu te rends compte, une femme t’a piqué ta chaise, sous tes yeux et tu n’as rien dit. Je croyais que tu y tenais mais j’ai l’impression que depuis ton décès, plus rien n’a d’importance pour toi. Je lui ai laissé le temps de s’exprimer, sans vraiment y croire maintenant et j’ai tenté d’écouter pleurer la voleuse de chaise mais d’ici, je n’entendais rien. — Revenons à notre vie sexuelle, ai-je repris en ouvrant le paquet de chips. Tu étais fatiguée par le travail, les courses, le ménage, même si je faisais ma part et tu ne voulais surtout pas que les enfants nous entendent. Voilà, hein, il me semble que j’ai résumé ton point de vue sur notre quasi absence de rapports à cette époque. Il y avait eu aussi cette épisiotomie qui avait changé tes perceptions quand je te pénétrais. Certainement, si j’avais eu une bite plus grosse, tu te serais lassée moins vite. Tu ne l’as jamais dit mais cela flottait certains soirs entre nous et c’était assez insécurisant. Est-ce que tu peux le comprendre ? J’avais l’impression de faire un bruit indécent en croquant mes chips dans le calme du lieu. Aussi, j’ai ...