1. Le banc des accusés


    Datte: 30/08/2026, Catégories: #nonérotique, Auteur: Pitziputz, Source: Revebebe

    ... Heureusement que j’assure.
    
    — Faisons une hypothèse, monsieur, imaginons que vous vous soyez rendu chez votre mère, vous avez eu une dispute et vous l’avez poussée dans l’escalier. Je me trompe ?
    — Tout à fait, vous vous trompez.
    
    Résultat : 20 ans !
    
    Il n’en est pas question. Je vais faire appel et sans le mouflet. Je réintègre Hauteville, mais cette fois, je suis en exécution de peine, la vraie.
    
    Axel est tout à coup sympa. Apparemment il n’aime que ceux qu’il considère comme de vrais criminels. J’ai même droit à une part de pizza et maintenant, je sais où il planque le hachoir. Faut pas qu’il me fasse chier.
    
    Au bout d’un mois, je suis autorisé à faire une activité. Je trie les bouquins dans la bibliothèque. Y a plein d’ouvrages de droit.
    
    — C’est pour le fric que t’as dégommé ta mère ? me demande Julio.
    — Arrête, j’ai dégommé personne. C’est la plus grosse erreur judiciaire de la décennie.
    
    Il me regarde d’un air entendu. Lui aussi dit à tout le monde qu’il n’a rien piqué au kiosque et que le gérant s’est gouré de personne. Normal, il devait être dans les vapes après les gnons qu’il s’était pris. Moi, Julio, je sais qu’il ment. C’est plutôt un bon type, mais je l’ai déjà vu se mettre en pétard et c’est pas joli, joli.
    
    Les juges d’appel n’ont rien voulu savoir. C’était plié.
    
    Avril, mai, juin, septembre, décembre, mars, décembre, mars ou avril, décembre ou janvier, décembre ?
    
    On m’a changé de cellule. Un jeune gars a fait soudain irruption dans ma ...
    ... tranquillité. Il n’arrête pas de chialer. Il veut écrire à sa maman. Il a mal partout tout le temps, tremble et dégueule le contenu d’un silo à grains. Pas besoin de se demander pourquoi il est là.
    
    Je me suis habitué aux odeurs et aux bruits derrière le rideau des toilettes, mais je ne peux toujours pas mettre le caleçon d’un autre.
    
    Vendredi c’est le jour du courrier et je reçois une lettre qui n’est pas une facture.
    
    Cher monsieur,
    
    Mon nom est Martine. J’ai assisté à votre procès et j’ai entendu des accents de sincérité dans votre voix. Je ne sais pas si vous avez commis l’irréparable, mais je sais qu’avec la grâce de Dieu, tout est réparable. Je suis à votre disposition si vous souhaitez alléger votre cœur.
    
    Au début je me suis dit que j’aurais préféré une pin-up à une grenouille de bénitier, mais nos échanges me font du bien.
    
    Et puis, elle est venue me voir. Elle avait mis du rouge à lèvres.
    
    — Je n’ai pas voulu être ici.
    
    Elle me prend la main et je pleure pour la première fois depuis longtemps.
    
    — Vous n’avez pas voulu tuer votre mère ?
    — Je ne voulais pas qu’elle meure !
    
    Alors Martine s’est transformée en limier. Elle a dégotté une autre vieille du quartier qui jure que la voisine avait la maladie d’Alzheimer. Je reprends mes bouquins de droit. J’exige une révision.
    
    La réponse : NIET ! Je fais recours : Toujours niet.
    
    Décembre, mars, décembre, mars, décembre, mars, décembre, mars ou avril…
    
    Julio est sorti depuis longtemps et Axel a eu ...