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Le banc des accusés
Datte: 30/08/2026, Catégories: #nonérotique, Auteur: Pitziputz, Source: Revebebe
... savon. Arroser mes orchidées. Récupérer mon chien. — Ah non, je ne crois pas. On vous emmène à Hauteville. On attend le fourgon cellulaire et vous y allez. Le trajet dure deux heures. Je suis menotté dans un box, sur le côté et je ne vois pas la route. J’ai le mal d’auto. On doit s’arrêter deux fois pour que je vomisse. Le gardien s’impatiente : « Soit tu prends ce foutu cachet, soit tu te vomis dessus la prochaine fois. On arrête ce cirque ». On passe les portes. Je vois des barbelés, des miradors. J’entends des clés dans des serrures et un son grave à chaque ouverture électronique. On me tend à un autre gardien. J’essaie de lui sourire, mais il ne me regarde pas. Il prend livraison. J’ai droit à une douche, ce sera mon quota de la semaine. On me refile d’autres vêtements. Je refuse toujours le slip. Je ne vais pas mettre mes parties là où d’autres ont mis les leurs. J’ai un début de torticolis. Ce sont ces fichues menottes. Elles me tirent les trapèzes vers le bas. Les escaliers sont une épreuve avec les bracelets autour des chevilles. On me dit que c’est le règlement. Hauteville est un panoptique. C’est ovale, avec des galeries sur plusieurs étages et des cellules alignées. Au centre, à chaque niveau, ils ont installé des filets de cascadeurs, comme au cirque. Un gars beugle depuis le couloir du haut, un autre lui répond, trois cellules en dessous. C’est dans ce brouhaha que j’arrive enfin à la cellule B432. Quatre mètres carrés à tout casser. Deux ...
... lits superposés. Le gardien pointe le lit du haut et une petite armoire. C’est mon coin. Au fond de la cellule, il y a une toilette et un lavabo séparés du reste par un rideau trop court. Y a une fenêtre qui s’ouvre, même s’il y a des barreaux : « interdit de fumer en cellule ». Ce seront les seuls mots. Je me couche. Je pleure. J’ai rien fait ! Mardi, mercredi, jeudi, dimanche, mercredi, samedi ou dimanche, mardi ou jeudi. Lundi ? Axel, mon codétenu, prend toute la place. Il ne me calcule pas. Je préfère encore ça. Lui, il sort tous les jours et se fait des pizzas avec ce qu’il cantine. Il a un four à micro-ondes et une tablette. C’est chasse gardée. Je n’ose pas y toucher. — On pourrait demander une exécution anticipée de peine, me dit mon bébé avocat. Vous pourriez avoir plus de confort. Moi, je crois que ce serait avouer et je n’y suis pour rien, alors je refuse. — Je vais demander une mise en liberté. Mon défenseur en culottes courtes me regarde dubitatif. — Allez-y, faites-le. Sur un malentendu ça pourrait marcher. Alors j’écris. Monsieur le Procureur, Comme je crois en avoir le droit, je vous demande ma libération immédiatement. Je promets de me mettre à la disposition de la justice, de me présenter à toutes vos convocations et de déposer mes papiers où vous me direz de les déposer. Risque de fuite, risque de réitération, risque de collusion. Niet ! Comme je suis innocent, je recommence, mais cette fois, j’ai pu consulter le code ...