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Le banc des accusés
Datte: 30/08/2026, Catégories: #nonérotique, Auteur: Pitziputz, Source: Revebebe
J’ai vidé mes poches. Dans le bac en bois j’ai posé de la petite monnaie, un reçu du pressing, deux cartes de crédit et un vieux chewing-gum enroulé dans du kleenex. — Ça, tu gardes ou je le jette ? — Je veux tout garder. — Comme tu veux, mais ça va te faire drôle à la sortie. Signe là. Je haussai les épaules. — J’ai de plus en plus mal au ventre. — Ouais, le médecin va passer aujourd’hui ou demain. — Et si ça empire ? — Bein, on avisera si ça empire. Avance ! J’ai avancé. On m’a installé dans une sorte de bureau sans fenêtre et des néons au plafond. À la place de la table, y a un lit et c’est tout. J’ai envie de me gratter. C’est ce pantalon. J’ai refusé les sous-vêtements des autres. Je me cache du regard de la caméra sous la couverture. — Hé, je crie, on peut pas éteindre la lumière ? J’attends le grésillement. Rien ! Hé ho… On peut éteindre la lumière ? Mille ans plus tard. — Arrête de gueuler. Tu veux quoi ? — On peut éteindre la lumière ? Je veux dormir. — Non, on peut pas ! — Attendez, pourquoi on peut pas ? Je peux avoir un journal alors ? — On ne peut pas, c’est tout. Y a pas d’journal ! J’ai chaud. Le plafond est composé de plaques carrées avec des rainures et des angles à 45 degrés. Sur chaque plaque, il y a des rangées de trous, dix dans un sens et dix dans l’autre. Combien y a de trous en tout, si on ne compte pas deux fois ceux qui sont dans les coins ? Y a une grande tache jaunasse à cheval sur deux plaques. Me demande ...
... bien ce que c’est. Elle n’est pas régulière, ça gâche. J’essaie de dormir, mais je gamberge. J’ai encore mal au ventre. Mardi, mercredi, jeudi, dimanche, mercredi, samedi ou dimanche, mardi ou jeudi. Lundi ? On me promène dans un parking à ciel ouvert et je fume. La vraie solitude me manque. — Pouvez-vous reprendre minute par minute votre emploi du temps de ce 14 avril ? Je soupire. Encore ? — Je me suis levé vers 8 heures. J’ai sorti mon chien, j’ai bu un café et j’ai traîné chez moi jusque vers midi. — À quelle heure vous êtes-vous rendu chez votre mère ? — Vers 15 heures. C’est quoi votre truc ? Vous le savez puisque la voisine m’a vu arriver. — Elle était comment votre mère ? Arrêtez de me torturer ! — Je vous l’ai dit. Elle était au bas de l’escalier, disloquée. C’est pour ça que j’ai appelé les secours. — Comment vous expliquez qu’elle a été entendue en train de se disputer avec quelqu’un ? — Bein j’aimerais bien le savoir, c’est vous qui enquêtez, pas moi. Retour en cellule. Visite de mon avocat. Il a l’air d’avoir 12 ans. — Comment se fait-il qu’on ait retrouvé votre ADN sur la blouse de votre mère ? — Je l’ai touchée évidemment pour voir si elle était toujours vivante. Vous auriez fait quoi vous ? Vingt-sept jours que je suis dans cette cellule d’attente. Je n’ai pas lu une ligne à part mes procès-verbaux d’auditions. Et puis, une lueur. — Vous allez être transféré. — Je peux rentrer chez moi ? Une vraie douche avec du ...