1. Encens de benjoin, gros sel et bol chantant


    Datte: 16/08/2026, Catégories: nonéro, #drame, anniversai, amour, dispute, cérébral, Auteur: Olaf, Source: Revebebe

    ... grandira entre les lianes du souvenir. Un être nouveau qui illuminera tout ce qui l’entoure, avec une naïveté déconcertante et éloignera les quelques nuages que le temps n’aura pas encore évacués.
    
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    Nous nous voyons en pointillé les semaines suivantes. Sans respect pour son deuil, il doit procéder à un nombre impressionnant de formalités. Puis vient la phase de retour à la réalité, au cours de laquelle il a besoin de solitude.
    
    J’essaie de me rendre aussi disponible que possible, et le reçois chez moi chaque fois qu’il le souhaite. Nous parlons peu, mais nous passons le plus clair de nos soirs et parfois de nos nuits étroitement enlacés, cherchant à reprendre pied, reprendre force, reprendre vie. Il ne se passe rien de sensuel, ni surtout d’érotique, juste un partage d’une immense tendresse.
    
    Je sens progressivement revenir en Fabien l’envie de se reconstruire, dans le respect des êtres disparus, mais à qui il faut peu à peu laisser la place de disparus, pour mieux retourner à la rencontre de celles et ceux qui nous entourent.
    
    Une nuit, l’envie de retrouver la peau de Fabien me submerge et, alors qu’il s’était endormi entre mes bras, je déboutonne sa chemise et pose ma joue contre son torse nu et chaud. Il caresse mes cheveux sans se réveiller vraiment. Plus tard dans la nuit, je le sens finir de se déshabiller et se serrer contre moi. Nous n’en parlons pas au réveil, tant cela nous semble naturel entre deux êtres qui sont bien ensemble.
    
    Quelques ...
    ... jours plus tard, j’ai mes règles et Fabien s’en aperçoit. Son cerveau reptilien doit avoir gardé en mémoire des gestes, des attitudes, des transformations corporelles liés chez moi à cet état. Son attitude change. Au détour de quelques remarques, il me semble percevoir qu’une phrase de la chanson de Brigitte lui revient en mémoire :« Sur mes dessous, le sang revient, comme toujours ». Je m’étonne moi-même d’oser aborder le sujet frontalement.
    
    — Personne ne remplace personne. Et je suis incapable de me représenter ce que tu as traversé. Je suis heureuse d’être parfois avec toi, lorsque tu en as besoin. Mais le moment vient où je pourrais avoir moi aussi besoin de réconfort, ou d’une présence sans fantômes du passé. Qu’attends-tu de moi ?
    — Je repousse peu à peu tous les fantômes de mon passé. Et j’éprouve des sentiments nouveaux à ton égard. Vraiment nouveaux. Mais les fantômes de notre passé, qu’en as-tu fait ?
    — Je brûle de l’encens de benjoin, disperse du gros sel et fais chanter des bols, dis-je en essayant de répondre à la question de manière humoristique.
    — Et ça marche ?
    — Disons que certains refus catégoriques s’amollissent et s’enfuient, poursuivis par des émotions nouvelles.
    — Comme ?
    — Tu veux vraiment l’entendre ?
    — S’il te plaît, essaie !
    — L’envie d’une copulation voluptueuse, sans peur qu’elle soit féconde. Mais je ne sais plus qui je suis pour toi. J’aurais besoin de beaucoup plus pour m’abandonner, même si les élans sont là, de plus en plus fort chaque ...
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