1. Encens de benjoin, gros sel et bol chantant


    Datte: 16/08/2026, Catégories: nonéro, #drame, anniversai, amour, dispute, cérébral, Auteur: Olaf, Source: Revebebe

    Il a manqué de délicatesse, et cela m’a fait mal. Très mal.
    
    Inversement, d’accord, j’ai manqué de compréhension et j’ai surréagi. Mais après presque un an ensemble, il savait que j’étais sensible à certains sujets.
    
    Que, par exemple, mon refus d’avoir des enfants était certes irrationnel, mais qu’il n’en était pas moins réel et surtout absolu.
    
    Savoir s’il était définitif dépassait à ce moment ce que mes émotions me laissaient percevoir.
    
    Nous avions déjà longuement discuté de ce choix, précisé que ce refus n’était pas dirigé contre lui, mais lié à des raisons beaucoup plus profondes. Je lui avais avoué, en larmes, que j’avais de la peine à cerner ces raisons, que les évoquer m’était pénible et douloureux, mais que je ne ressentais pas de faille dans ce refus et ne souhaitais donc pas en reparler avant longtemps.
    
    Je me souviens encore de son regard à ce moment. Il y avait tant d’amour, mais aussi tant de désarroi. J’avais pu y lire tout ce qu’il éprouvait de fort et de beau pour moi, et, il me semble aussi, la certitude d’être la seule femme avec qui il souhaitait faire des enfants.
    
    Toute autre que moi aurait sans doute craqué et aurait accepté, avec un tel homme, de plonger dans l’inconnu et l’incertain de la maternité.
    
    Quelque chose me retint. Je restai comme paralysée, incapable de partager mes sentiments et mes émotions. Ce fut notre première crise de couple.
    
    Je mis plusieurs jours pour m’en remettre. Lui aussi, sans doute. Qui étais-je pour m’opposer ...
    ... à ce désir qui semblait si profond ? À ce projet qu’il voulait vivre avec moi. Doutais-je en réalité de la force de mes sentiments ? De quoi avais-je peur ? Je ne pus trouver de vraies réponses à ces interrogations. Je ne voulais pas d’enfant, point barre. Nous n’en reparlâmes plus jusqu’au premier anniversaire de notre relation.
    
    Ce jour venu, cela m’enchanta dans un premier temps qu’il ait l’idée de m’offrir un CD du groupe Brigitte. J’aime ce duo et les questions profondes que les deux femmes abordent de manière presque anodine.
    
    Sauf que monsieur mon amoureux ne m’offrit pas n’importe quel CD de Brigitte, mais celui dans lequel se trouve une chanson pas anodine du tout,« Je veux un enfant »1.
    
    Je l’avais déjà entendue, à la radio dans la voiture. Elle avait alors eu un tout autre impact sur moi qu’en la découvrant sous forme de cadeau personnel.
    
    Alors, oui, même si cela n’excuse rien, je me suis sentie manipulée, trahie même, tant j’avais clairement dit ne pas vouloir, ne pas pouvoir aborder le sujet sereinement.
    
    La réaction ne se fit pas attendre. Démesurée, incontrôlable, titanesque.
    
    Je suis encore incapable de dire aujourd’hui ce qui exactement me mit hors de moi. Je ne peux pas non plus mettre de l’ordre dans le déferlement d’émotions contradictoires qui me terrassa.
    
    En une fraction de seconde tout bascula et je me mis à hurler contre Fabien. Je proférai des choses si définitives et fondamentales que la crise se mua en rupture, avant même que Fabien ...
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