1. Volontaire désigné d'office


    Datte: 04/08/2026, Catégories: #nonérotique, #historique, #Collègues / Travail, f, h, Auteur: Jane Does, Source: Revebebe

    ... cuisine. Et le soir, en fonction de l’heure où nous aurons terminé nos travaux… c’est bien entendu ?
    — Oui ! Pas de souci, madame… Nous ferons comme vous déciderez…
    — Merci… c’est tout ! Vous pouvez aller dans vos chambres vous reposer pour aujourd’hui… demain, lever à cinq heures…
    — Parfait…
    — Elias ! Tu emmènes nos ouvriers dans leur chambre.
    — Ce ne sont pas nos ouvriers, maman. Juste des traîne-savates de Français qui viennent se tourner les pouces et manger nos provisions.
    — Elias ! Ces gens sont ici pour nous aider ! Ils vont nous dégager des tâches les plus lourdes, alors tant qu’ils seront sous notre toit, je te prierai de les respecter… je leur en demande autant vis-à-vis de nous… tu es trop jeune pour comprendre. Mais un jour, tu sauras et… me donneras raison… Hantz… vous voulez boire un verre ?
    — Merci, Hanna… tu as entendu, Elias… ta mère est une femme sage. Les soldats, même défaits, restent des hommes, et il ne sera pas dit que dans notre famille nous ne les respectons pas. La guerre n’est jamais une bonne chose, mon petit.
    — … ? Notre Führer… ne serait pas content de vous entendre parler comme ça !
    — Qu’est-ce qu’il a à voir dans cela, celui-là ? Il envoie des jeunes hommes tels que ton frère sur le front.
    — Je regrette, moi, de ne pas avoir l’âge de me battre.
    — C’est malin… tu dis n’importe quoi. C’est là qu’on voit qu’il te manque encore un peu de plomb dans la cervelle. La guerre, c’est des morts, du sang, des larmes pour les mères et les ...
    ... parents…
    — C’est aussi la gloire et l’honneur de la patrie.
    — Ça suffit, Elias… montre à nos travailleurs leur chambre et tais-toi, tu ne sais pas ce que tu racontes !
    — …
    
    Le garçon jette un regard furieux à ce grand-père qui le sermonne et il emmène les deux nouveaux vers les locaux annexes qui constituent une partie du corps de ferme…
    
    — Toi, tu comprends ce que je te dis ?
    — Oui… et je suis assez d’accord avec ta maman et ton grand-père. Ils sont sages…
    — Et vous deux, vous êtes des lâches… quand on défend sa patrie, on se bat jusqu’à la mort…
    
    À quoi bon répliquer de toute façon ? Ce coquelet n’a pas la maturité nécessaire pour entendre raison et puis se quereller avec lui ne serait pas une bonne chose. Le gamin montre les chambres plutôt sommaires aux deux prisonniers et file retrouver sa mère qui est près du lavoir. Un instant, Gaston suit de loin les formes de la femme et, comme Benoit est dans les parages, il se borne à lui dire simplement.
    
    — Il va falloir nous en méfier, de ce gosse ! Il ne nous porte pas dans son cœur.
    — Ah ! Bon ! C’est ce qu’il aboyait il y a deux minutes ? Qu’il ne nous aime pas ?
    — Il ne l’a pas dit ouvertement, mais, pour lui, nous ne sommes que des traîtres et du pipi de chat. Méfiance, donc !
    — Ouais ? Il va bien falloir composer avec lui, nous sommes chez lui. Un petit con, donc, qui nous prend pour de la merde.
    — Comment veux-tu qu’il pense autrement ? Avec toutes les conneries qu’on colle dans la tête des mômes dans ce pays ...