1. Volontaire désigné d'office


    Datte: 04/08/2026, Catégories: #nonérotique, #historique, #Collègues / Travail, f, h, Auteur: Jane Does, Source: Revebebe

    ... sœur… un peu seul au monde.
    — Je vois… et l’avenir qui vous attend… un camp de prisonniers durant de longs mois…
    — Oh, la guerre ne durera pas si longtemps si vous avancez toujours aussi vite.
    — On ne peut pas dire que vos chefs soient… les meilleurs, c’est un fait. Mais il y a de la résistance un peu partout désormais… alors les perspectives d’une victoire rapide… je laisse ça aux optimistes. Vous savez, je ne fais que mon devoir et sais reconnaître les bonnes âmes lorsque j’en rencontre. Vous n’avez rien de ces… miséreux.
    
    De la main, il semble désigner à Gaston les gars qui sont déjà passés devant lui et tous les autres qui attendent leur tour.
    
    — Est-ce que vous savez manier une faux ou un râteau, Monsieur Lafarge ?
    — Pardon ?
    — Savez-vous traire une vache, et vous occuper des animaux d’une ferme ?
    — Pourquoi ces questions ? Je suis petit-fils de paysan, mais la plupart de ces hommes-là sont issus d’un milieu rural d’où votre « chef » les a tirés brutalement.
    — Je comprends. Mais savoir un collègue dans un camp d’internement me navre et je veux vous offrir une chance d’avoir des conditions meilleures.
    — C’est-à-dire ?
    — Chez nous aussi, beaucoup de gens de la terre ont été enrôlés pour cette guerre et… bien des fermes manquent de bras. À choisir entre un enfermement dans des baraquements sordides, la promiscuité avec d’autres types entassés à cinquante dans des maisons de bois, je vous offre le choix. Une vie au grand air pour aider nos femmes et nos aînés à ...
    ... travailler la terre dans nos campagnes. À vous de voir.
    — … ? Vous voulez dire que je serais envoyé en Allemagne ?
    — Oui… mais puisque vous n’avez pas, c’est vous qui le dites, de famille, peut-être que les conditions de votre détention seraient… plus agréables.
    — J’ai le temps d’y réfléchir ?
    — Pas vraiment… dans la file des gens qui arrivent, il y a sans doute d’autres prétendants. À vous de me dire si je fais une croix dans la case « volontaire ».
    — Après tout… vous avez peut-être raison. Allez-y ! Noircissez la case dont vous me parlez. Ça ne peut de toute manière pas être pire que passer un long moment derrière des barbelés, sous le feu des miradors…
    — Je savais que vous et moi serions d’accord… la Forêt-Noire vous attend, monsieur Lafarge.
    — … je ne vous dis pas merci… mais… c’est à cause de toute cette merde, hein !
    — Je vous comprends… je vous souhaite bonne chance. Vous allez être à l’abri, loin de ces combats qui vont encore voir mourir bien des braves.
    — À qui la faute ?
    — Mmm ! Chut, vous sortez par la porte de gauche, c’est là que sont réunis les volontaires.
    — … !
    
    Drôle de volontariat ! songe Gaston. Mais bon, si ça peut lui éviter les baraquements, les poux ou les puces et surtout les gardes armés qui vont forcément être le quotidien de la plupart des gars qui sont là, pourquoi pas ! Reste tout de même le goût amer de se dire qu’il fait partie de ceux qui seront sans doute mal jugés, quand tout ceci sera fini. Tant pis ! Il file sans se hâter vers ...
«1...345...10»