-
Volontaire désigné d'office
Datte: 04/08/2026, Catégories: #nonérotique, #historique, #Collègues / Travail, f, h, Auteur: Jane Does, Source: Revebebe
... ! Elias et tes bêtes vont s’inquiéter… et passe voir ta belle-mère si tu as le temps… elle aussi se fait du mauvais sang pour ses hommes. Tu n’es pas la seule, tu sais bien. — La faute à qui ? Hein ? Rappelle-moi qui a foutu un tel bordel dans nos vies ? — Va… va et fais pour le mieux. Hanna remonte la campagne de sa Forêt-Noire natale ! C’est une fille de la terre, une femme solide, une battante. Ça lui a fait du bien de gueuler un bon coup. Mais le boulot et les pis des Hinterwald, à la robe pie ou tachetée variant du fauve au rouge, n’attendent pas. Il a raison son beau-père. Bourgmestre par intérim, presque en remplacement de son rejeton qui se trouve en France. Merde ! Saloperie de guerre qui ne se préoccupe guère de la peine des gens. Peu importe le camp dans lequel ils sont. Le malheur ne regarde pas la couleur de l’uniforme. Et elle songe en rentrant sur ses terres que seul l’esprit du cinglé qui sème la mort demeure la cause de tout ce bourbier. Pas de temps à perdre à maugréer plus longtemps. Elle quitte sa belle robe pour un tablier plus adapté et rejoint son gamin qui est déjà à l’ouvrage. En passant dans son dos, une petite tape sur l’épaule du jeune et hop… elle entre dans la danse. — xXx — La perception de vêtements, vieux uniformes gris où deux lettres blanches sont peintes dans le dos se fait en silence. Gaston récupère ses fringues et fait la moue. Les initiales KG s’affichent dans son dos et les gardes armés le poussent vers la meute de ceux ...
... qui viennent de le précéder. Il y a trois jours qu’il a été capturé, sans seulement avoir tiré un coup de feu. Les autres hommes qui sont ici sont dans la même situation… la ligne Maginot, tu parles d’une foutaise. L’armée ennemie est arrivée à revers, dans leur dos. Voilà… ils portent tous les lettres de l’infamie sur des uniformes qui n’en sont plus tout à fait. Lui, a trente-huit ans, n’a jamais demandé à se retrouver dans cette situation. Il est maître d’école et la mobilisation n’a épargné personne. Pour ce qu’elle a servi, finalement… une véritable débâcle. Un à un, les gars rassemblés dans une enceinte close avec des fils de fer barbelés installés à la hâte par les vainqueurs sont tous reçus par un officier qui baragouine quelques mots de français. C’est à son tour d’être face à celui dont l’uniforme est impeccablement repassé. Une vraie gravure de mode, songe Gaston qui, debout, attend que le type parle. — Bonjour ! Votre nom, je vous prie ! — Gaston… Lafarge… soldat de première classe… — Votre profession ? — Maître d’école. — Ah ! Le boche lève la tête avec une sorte de rictus sur les lèvres. Sa voix sèche se radoucit et il invite le prisonnier à s’asseoir. — Moi aussi, avant la guerre, j’enseignais à l’école primaire de mon village… Monsieur Lafarge. — Ouais… ? Ben, la vie nous fait nous rencontrer dans de drôles de circonstances, hein ! — Oui ! Vous avez une famille ici ? — Ici ? Non… je n’en ai plus tout court. Plus de parents, pas de frère ni de ...