1. Rousse comme le diable


    Datte: 28/07/2026, Catégories: frousses, revede, Humour Auteur: Dr Lamb, Source: Revebebe

    ... sujet bien plus bandant que ma vieille carcasse : Jenny.
    
    Ha, Jenny !
    
    Si j’avais ton âge, bon sang, tu verrais ce que c’est que l’amour à l’ancienne.
    
    Un vrai miracle, cette gamine. Elle dresse mon mât mieux que n’importe quel marin.
    
    Comme ma femme, elle a l’air crétine. Mais je veux dire, et sans méchanceté, juré craché, c’est vraiment l’air qu’elle a. Toujours à mâcher du chewing-gum, à rire comme une dinde et surtout, à se prendre en photo toutes les dix minutes, afin de voir si son cul n’aurait pas pris un gramme.
    
    Niveau culture générale, c’est le néant. Mais vraiment.
    
    Elle a lu en cours « Le Marquis de Sable » qu’elle nous a sorti à table, putain j’en ai presque recraché ma 8-6.
    
    Bénie soit cette gosse.
    
    Toujours est-il que cette dinde m’a poussé à faire quelque chose que je n’avais plus fait depuis des décennies : aller m’enfermer dans les WC pour moucher le cyclope en plein repas.
    
    Bordel, Jenny !
    
    Il a fallu que j’aille chercher sur Youtube un tutoriel pour installer cette merde d’application sur mon portable dernier cri (merci Laurie, mais comment je téléphone avec cette merde ?) et me faire un faux profil pour m’abonner à celui de la dinde.
    
    Et putain, que ça valait le coup !
    
    Des dizaines de photos d’elle, en bikini, à la salle de sport, en train de faire tout et n’importe quoi. Je peux vous dire que j’ai rentabilisé les boites de kleenex qui traînaient à la baraque et au boulot, ça oui.
    
    Enfin bref.
    
    Par ricochet et par curiosité, ...
    ... et surtout pour déterminer la violence des trempes à infliger, je me suis abonné aussi au profil de ma fille, pour la surveiller et c’est tout, juré craché.
    
    Rien que des photos de nature, de chevaux, de ciel bleu et ça ne m’étonnerait pas qu’elle finisse bouffeuse de gazons, celle-là.
    
    Mais ce soir, après ma purge journalière sur les photos de la dinde, j’ai vu que Laurie avait fait ce que ces cons appelaientune story, c’est à dire plein de petites vidéos en temps réel. Et que la première d’entre elle, c’était Laurie, Jenny et trois autres mecs devant la vieille usine. À 21h55.
    
    — Je vais au ciné avec les potes, papa, je ne rentre pas tard.
    
    Bordel de merde. Mes couilles ouais.
    
    Le kleenex encore en main, j’ai bondi hors du canapé, remonté mon froc et attrapé mes clés pendant que bobonne pionçait déjà à l’étage avec ses ronflements d’ours brun qui faisaient trembler les murs.
    
    Vingt minutes de bagnole plus tard, et je les avais rejoints.
    
    Un break était garé à l’entrée de l’usine. Putain, ils étaient rentrés là-dedans.
    
    Une deuxième vidéo était sortie entre temps : Laurie qui se filmait devant l’entrée grillagée et le cadenas, et un des trois mecs derrière qui beuglait « On y est ! » en agitant une pince Monseigneur.
    
    Maintenant, voilà que je me faufile par l’entrée, moi, mon téléphone chinetoque brandi devant moi comme un putain de 38, avec la lampe torche qui éclaire quasi que dalle, et mes presque 98 kilos.
    
    Et mes 57 ans, j’ai failli vous oublier, les ...
«1234...»