1. Rousse comme le diable


    Datte: 28/07/2026, Catégories: frousses, revede, Humour Auteur: Dr Lamb, Source: Revebebe

    Meurille Les Havreaux était ce genre de petite ville perdue dans le Nord du pays, où les hommes étaient tous bedonnants et s’hydrataient à la bière au bar du coin.
    
    Moi inclus, pour être franc.
    
    La plupart bossaient à l’ancienne usine, désormais fermée, et tous avaient en mémoire le jour fatidique du 9 décembre 2011. C’était un vendredi glacial, et les mines défaites des ouvriers auraient pu faire l’objet d’un tableau intitulé« La fin d’une époque ». Ça ouais, ça en aurait jeté !
    
    Maintenant, l’usine close était une sorte de curiosité visitée par quelques touristes, et c’était tout. Malgré son imposante structure située au bord de la forêt qui délimitait la ville, elle fut évacuée des mémoires des habitants assez rapidement, la plupart ayant mieux à foutre que de se souvenir de ce colossal édifice qui avait provoqué la fuite de la population, à la recherche d’un nouvel emploi.
    
    Le déchirement de quelques familles, des cris, quelques vagues protestations et beaucoup de bières éclusées plus tard, l’usine fut laissée à l’abandon.
    
    En 2015, un groupe de jeunes adeptes d’Urbex se lancèrent à sa découverte. Deux mecs et deux nanas qui venaient de la côte d’Azur, à ce qui se raconta après la découverte de leurs corps, tous soigneusement dépecés et suspendus par les pieds dans les anciens vestiaires. Leur matériel et caméras, leurs fringues, tout fut retrouvé méticuleusement rangé dans un coin.
    
    L’affaire fit grand bruit et la rumeur - merci Internet de mes couilles ...
    ... -, se répandit vite comme quoi une usine hantée attendait que de curieux et imprudents trous du cul viennent se donner des frissons en visitant ses locaux.
    
    Le Gros Georges, comme on l’appelait, était un ancien ouvrier qui était resté, contrairement à beaucoup de ses anciens collègues. Il passait son temps à rouler des cigarettes artisanales, à vider des godets çà et là et à beaucoup trop bavasser. Oh, ça ouais !
    
    Pour avoir été témoin de beaucoup de ses verbiages parfumés à la 1664, je peux vous assurer qu’il en bavait, des conneries. De tout et de rien, il n’y avait qu’à demander.
    
    Parce qu’entre ses délires, comme quoi la vieille usine avait été construite sur un terrain maudit, que c’était la faute de ses putains de négros de merde qui piquaient le boulot des honnêtes gens, où alors que les jaunes allaient envahir le Monde, alors ça, le Gros Georges était capable de vous tenir la crampe pendant des heures.
    
    Intarissable, il était.
    
    Fallait le voir, ce gros sac accoudé au comptoir, un vrai cliché sur pattes.
    
    Une main sur son verre, l’autre tapant du poing, à nous déclarer de grandes choses sans queue ni tête.
    
    En parlant de queue, j’étais certain qu’il ne voyait plus la sienne quand il pissait, à se demander comment il se lavait et, à juger à l’odeur, ça ne devait pas être chaque foutue semaine.
    
    C’est ainsi qu’il nous raconta comment, une nuit, il s’était aventuré dans l’usine (mes couilles, ouais !) et avait déambulé pendant des heures à la recherche ...
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