1. Rousse comme le diable


    Datte: 28/07/2026, Catégories: frousses, revede, Humour Auteur: Dr Lamb, Source: Revebebe

    ... duDépeceur, puisque c’est ainsi que les médias l’avaient surnommé, ce sinistre salaud.
    
    Mais qu’il n’avait vu personne.
    
    Rien qu’à l’imaginer, à crapahuter dans les ténèbres avec sa lampe torche et son reniflement asthmatique, j’avais du mal à réprimer un sourire.
    
    — Fallait nous ramener un souvenir, avait déclaré Teddy Kleiss. Hein Georges, genre de la sciure ou du métal, qu’on puisse te croire sur parole. T’es monté au premier, par exemple ?
    — Ouais, avait-il répondu en terminant sa bière. J’y ai vu ton ex-femme, elle m’a fait une bonne pipe.
    
    Et bam, bagarre ! Sacrés poivrots.
    
    Toujours est-il qu’un jour d’octobre ou novembre 2017, une vidéo était sortie sur YouTube. Un mec s’était aventuré dans l’usine et avait filmé presque trois heures avant de faire demi-tour. Il était descendu dans les sous-sols et apparemment, avait vu quelque chose de si flippant,creepy comme dirait ma tarée de fille, qu’il s’était enfuit ventre à terre.
    
    Sûrement du chiqué parce qu’à la fin de la vidéo, on le voyait dans sa voiture en train de conduire comme un fou. Il se filmait la tronche, et ce qui faisait le buzz c’est qu’il avait tous les tifs devenus blancs d’un coup, alors qu’il était d’un blond pédé flagrant au début de la vidéo.
    
    « Je suis passé pas loin de l’usine », racontait un commentaire posté sous la vidéo.
    
    « J’ai entendu des cris bestiaux. Je n’ai pas traîné dans le coin. »
    
    « C’était la fois où on a gangbangé ta mère ? » répondait un mec juste en dessous, et ...
    ... j’en avais hurlé de rire pendant dix bonnes minutes, seul dans mon salon, avant que Laurie ne descende voir si son paternel ne faisait pas une crise de démence.
    
    Putain, la jeunesse et leur répartie, j’en étais fan.
    
    Pourquoi je pense à tout ça, au volant de ma bagnole et tous feux éteints ?
    
    Bah, bordel, tout ça, c’est à cause de Jenny.
    
    Cette petite pouffiasse est la meilleure copine de ma fille, et elle a un foutu problème, cette gamine, et moi aussi, par la même occasion.
    
    C’est, pour reprendre les expressions de mon vieux, qu’elle « me fait bander à en réveiller les morts ».
    
    Putain de Dieu, faudrait que vous la voyiez, cette espèce de petite conne, sa crinière rousse bouclée, sa petite gueule d’ange parsemée de taches de rousseur et… nom de Dieu, ce corps !
    
    Pas humain d’être gaulée comme ça à vingt et un ans, non.
    
    Quand je mate ma bonne femme, et moi aussi du même coup, dans le miroir, je vois juste des corps fatigués, des bourrelets, des veines trop apparentes et des marques infligées par la vie dont il est impossible de nier l’existence.
    
    Les grosses mains calleuses que je me trimbale, mon début de bedaine (j’ai toujours fait gaffe mais rien à faire, la bière reste la bière), ma foutue calvitie et surtout, ces affreux poils blancs partout dans ma barbe.
    
    Merde, j’avais vingt ans hier ! Faut croire que trente-deux ans à bosser dans une station-service (l’une des deux seules de la ville), de nuit en prime, ça use un homme.
    
    Mais revenons sur un ...
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