1. La bonne étoile_2


    Datte: 20/07/2026, Catégories: restau, extracon, vengeance, dispute, Auteur: Briard, Source: Revebebe

    ... faisant face.
    
    — Asseyons-nous.
    
    Les palabres commencèrent. Les deux chefs de famille et patrons échangèrent longtemps sur les raisons, les conditions, les attendus, bref, les tenants et aboutissants du jumelage de leurs deux établissements.
    
    Le père de Déborah s’interrompit.
    
    — Ma chérie, tu veux bien aller nous chercher à boire ?
    
    Elle se leva et alla passer commande.
    
    Quand le garçon apporta les boissons, elle se leva de nouveau.
    
    — Je vais dehors respirer.
    
    William attendit quelques minutes et, voyant qu’elle ne revenait pas :
    
    — Je vais aller voir ce qu’elle fait.
    
    Il sortit et, ne la voyant pas sur le parvis du restaurant, se mit à la chercher.
    
    Il la trouva sur la Jetée Thiers, regardant l’île aux Oiseaux.
    
    — Tu es là ? Nos parents demandent après toi.
    — J’avais besoin d’air.
    
    Elle ne le regardait pas et continuait à fixer droit devant elle.
    
    — Mais qu’est-ce que tu fous là ?
    — Mon père a tenu à ce que je fasse partie des négos.
    — Tu ne pouvais pas laisser ça aux grandes personnes ?
    — Ah, c’est malin ! C’est tout ce que tu as à me dire ?
    — Ce n’est pas tout, je n’ai rien à te dire.
    — Écoute, ça fait huit ans, tu ne crois pas qu’il y a prescription ?
    — Prescription ? Ben dis donc, ça te réussit de fréquenter ta pétasse, tu as enrichi ton vocabulaire.
    — Laisse-la en dehors de notre conversation.
    — Il n’y a pas de conversation. Tu te casses et tu me laisses respirer.
    — Je vois que tu m’en veux toujours. Je comprends.
    — Qu’est-ce ...
    ... que tu comprends ?
    — Je dis que je comprends que tu m’en veuilles encore aujourd’hui. Ce que je t’ai fait mérite ta colère. Mais le temps est passé Deb, nous ne sommes plus des ados.
    — Moi, c’est sûr. Toi, je demande à voir.
    
    Il esquissa un sourire.
    
    Elle jouait le jeu, comme dans le passé quand ils s’amusaient à s’agacer.
    
    — Tu te trompes, Deb. Je ne suis plus l’écervelé que tu as connu.
    — Tu t’es acheté un cerveau ?
    — Non, j’ai mûri.
    — Mûri ? Si seulement tu connaissais la signification de ce mot.
    — Je reconnais mes torts, Deb. Que veux-tu que je fasse pour que tu daignes me parler comme de vieux amis, que je me prosterne à tes pieds ?
    — Je ne te demande rien.
    — Je sais que j’ai agi avec légèreté.
    
    Là, elle perdit sa contenance.
    
    — Légèreté ? Tu appelles me faire cocue avec cette greluche agir avec légèreté ? Moi j’appelle ça agir comme un salaud.
    — Bon, si tu veux, j’ai agi comme un salaud. Mais j’étais jeune. Tu venais de mettre des centaines de kilomètres entre nous.
    — Pas de ma faute si tu ne m’as pas demandé dans quel lycée nous pouvions nous inscrire.
    — Tu sais bien que le lycée Guillaume Tirel n’était pas une option si je voulais prétendre reprendre un jour la boîte de mon père.
    — Tu savais très bien que le lycée hôtelier de La Rochelle n’en était pas une pour moi non plus.
    — Oui, je le savais pertinemment.
    
    Elle cessa de regarder l’horizon pour le fixer droit dans les yeux.
    
    — Nous savions que nous avions deux années difficiles à passer et ...
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