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Tango avec les vautours à Bogotá
Datte: 14/07/2026, Catégories: Humour #pastiche, #aventure, #personnages, Auteur: Laetitia, Source: Revebebe
... s’approcha de la fenêtre. Le même motard que tout à l’heure jeta un coup d’œil à l’intérieur avant d’accélérer. — Tu attends quelqu’un ? demanda-t-elle. Miguel eut un sourire crispé. — Non. Mais depuis quelques jours, j’ai l’impression qu’on me surveille. Mangouste desserra la sangle de son sac. Elle savait déjà que ces vacances ne seraient pas des vacances. L’atelier baignait dans une lumière dorée. Chloé se déplaça lentement, effleurant du regard les toiles éparpillées. Sur une table, un carnet à spirale était ouvert, couvert d’esquisses au fusain. Les traits étaient rapides, nerveux : silhouettes de soldats, de ruelles, de visages masqués. — C’est Sara qui a dessiné ça ? demanda Chloé. Miguel hocha la tête. — Oui, elle dessine depuis toujours. Mais ces derniers temps, ses dessins… sont devenus plus sombres. — C’est normal qu’elle te laisse sans nouvelles comme ça ? — Non, elle a toujours été indépendante, mais c’est la première fois. J’ai essayé de l’appeler hier soir et ce matin, ça ne répondait pas. — Essaye à nouveau… Miguel tritura son téléphone, le porta à son oreille. Il raccrocha. — Je suis tombé directement sur la messagerie. Comme si son téléphone était éteint. — Ou déchargé… Chloé feuilleta les pages. Certaines représentaient des statues précolombiennes, des urnes funéraires, des masques en or. Sur la dernière page, une inscription griffonnée en espagnol attira son attention : — «Ne les laisse pas l’emporter»… murmura ...
... Chloé. — C’est son écriture, confirma Miguel. Mais je ne sais pas de quoi elle parle. — Elle loge ici ? Sa chambre est où ? La chambre était plutôt bien rangée. Sur un meuble, Mangouste vit un téléphone cassé. Elle l’alluma. L’écran était fissuré, mais fonctionnait encore. Dans la galerie, la dernière photo montrait une grande place pavée, blanche sous le soleil, avec une église à façade coloniale. — Villa de Leyva, dit Miguel. Elle était là-bas avant-hier. C’est la dernière fois que j’ai eu de ses nouvelles. Et c’est la deuxième fois qu’elle se rend là-bas ces dernières semaines. Chloé observa les détails. Au second plan, deux hommes en chemise sombre semblaient surveiller la scène. L’un portait une casquette, l’autre avait un tatouage visible sur l’avant-bras, une tête de vautour rouge. Elle agrandit l’image. — Tu les connais ? Miguel blêmit. — Oui. Ce tatouage… c’est celui d’un ancien groupe paramilitaire. Il a été démantelé il y a plusieurs années. Certains doivent encore être actifs. Un grondement de moto résonna de nouveau dehors, plus proche cette fois. Chloé s’approcha de la fenêtre. La même silhouette que tout à l’heure, le casque baissé, observant l’atelier. — Miguel, dit-elle, il faut bouger. Demain matin, on va à Villa de Leyva. Tu as un flingue ? — J’ai ça, dit Miguel en sortant d’un tiroir un Glock. — Je préfère les Sig Sauer, mais ça fera l’affaire, dit Chloé en soupesant le pistolet et en s’emparant d’une boite de cartouches… Dans ...