1. Tango avec les vautours à Bogotá


    Datte: 14/07/2026, Catégories: Humour #pastiche, #aventure, #personnages, Auteur: Laetitia, Source: Revebebe

    ... tranchait avec son activité d’homme d’affaires, magnat de la banane.
    
    — Tu n’as pas changé, lança-t-il en la serrant dans ses bras. Toujours cette gueule de fille dangereuse.
    — Et toi ? Tu as troqué ton costume pour une chemise hawaïenne.
    — Oui ! Tu vois, j’évolue. Il est tard, on va passer la nuit dans un appartement ici, à Bogotá, dans la Candelaria. Tu ne seras pas dépaysée, c’est un atelier de peintre. Je le loue à des artistes, et j’en garde une partie privative pour moi. Enfin, c’est surtout Sara ma fille, qui l’occupe. On rejoindra la villa à Anapoima demain matin, il y a plus d’une heure de route, plus tout Bogotá à traverser. Juliana est au Vénézuéla, son père est souffrant.
    
    Sur le chemin, la ville commença à se dévoiler. Des graffitis couvraient les murs, slogans politiques, visages de figures révolutionnaires, œuvres surréalistes. Bogotá était vivante, nerveuse, imprévisible. Et Chloé aimait ça.
    
    Ils roulèrent vers le centre. Bogotá se déployait sous leurs yeux, une immense vallée parsemée de gratte-ciels modernes, bordée par les collines verdoyantes de Monserrate et Guadalupe. Sur les artères principales, les TransMilenio, ces bus rouges articulés, filaient sur leurs voies réservées.
    
    Les embouteillages étaient omniprésents. Les trottoirs étaient envahis de vendeurs de café tinto, d’empanadas fumantes, d’arepas grillées, de fruits exotiques coupés à la minute. L’air était un mélange de gaz d’échappement, de coriandre fraîche et de café noir. Des ...
    ... musiciens de rue jouaient des airs de cumbia près des feux rouges.
    
    La Candelaria apparut enfin, avec ses rues pavées, ses maisons coloniales peintes de couleurs vives, ses balcons en bois sculpté. Là aussi, des graffitis couvraient les murs, pas de simples tags, mais de véritables fresques, des portraits de leaders indigènes, des scènes oniriques, des critiques sociales.
    
    — C’est mon quartier quand je suis à Bogotá, dit Miguel en se garant. Ici, l’art est partout. Et les fantômes aussi.
    
    Quand ils arrivèrent devant la maison-atelier de Miguel, un sentiment étrange saisit Chloé.
    
    Une ombre filait sur le trottoir opposé, un motard qui ralentit, observant la scène puis repartit dans un grondement. Trop discret, trop attentif.
    
    La porte s’ouvrit sur un espace envahi par l’odeur d’huile de lin et de térébenthine. Des toiles s’entassaient contre les murs, des scènes de guérilla, des visages de femmes, des silhouettes de jaguars. La lumière entrait par une verrière, découpant des carrés de soleil sur le sol en briques rouges. Au centre, un chevalet portait un portrait en cours, représentant une jeune femme au regard fier. Chloé devina que c’était Sara, la fille de Miguel, issue d’un premier mariage.
    
    — Elle n’est pas là ? demanda-t-elle.
    — Non, dit Miguel en se frottant la nuque. Elle devait rentrer hier de Villa de Leyva… mais elle n’a pas donné signe de vie.
    
    Un silence lourd tomba. Dehors, une moto passa lentement, son moteur résonnant contre les murs étroits. Chloé ...
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