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Tango avec les vautours à Bogotá
Datte: 14/07/2026, Catégories: Humour #pastiche, #aventure, #personnages, Auteur: Laetitia, Source: Revebebe
... le vieux 4 × 4 de Miguel, ils quittèrent Bogotá à l’aube. Le ciel se teintait de rose sur les montagnes environnantes. En sortant de la ville, les rues pavées laissèrent rapidement place à la campagne. Le paysage se composait de champs de maïs, de vaches paissant près des clôtures, de petits villages aux murs blanchis à la chaux. Miguel conduisait, le regard sombre. — Villa de Leyva, c’est tranquille en apparence. Un village colonial, très touristique. Mais dans les collines autour, il y a des trafics de tout : cocaïne, armes, reliques précolombiennes. Les forces de l’ordre ne montent pas toujours jusque là. La route serpentait à travers les Andes, offrant des vues vertigineuses sur les vallées en contrebas. Des bus colorés, les chivas, transportaient des paysans et leurs marchandises. À chaque virage, l’air devenait plus sec, plus chaud. En fin de matinée, ils atteignirent la vaste Plaza Mayor, place principale de Villa de Leyva, pavée de pierres irrégulières. L’endroit semblait hors du temps, façades blanches, balcons en bois, église imposante d’où s’échappaient des chants. Des touristes prenaient des photos, des enfants couraient après les pigeons. Mais Mangouste, elle, scannait la place. — Là-bas, dit-elle en désignant un angle de rue. C’est ici qu’elle a pris sa photo. Elle repéra une caméra de surveillance sur un toit. Peut-être qu’un enregistrement était encore disponible. Mais avant qu’ils ne puissent se diriger vers le poste de police, un ...
... vieil homme s’approcha d’eux, tenant un carnet identique à celui de la fille de Miguel. — Vous cherchez la jeune dessinatrice ? demanda-t-il d’une voix basse. Chloé sentit son cœur accélérer. — Oui. Vous l’avez vue ? — Elle est partie avec deux hommes hier soir. Ils n’étaient pas d’ici. — Ces hommes-là ? — Oui, eux. Le vieil homme leur indiqua une petite ruelle qui s’éloignait de la place principale. Les pavés y étaient disjoints, l’ombre fraîche, et des portes en bois massif s’alignaient de chaque côté. — Je l’ai vue entrer là-bas, murmura-t-il, en désignant une taverne au mur décrépi. La taverne était sombre et sentait le rhum, le tabac et la terre humide. Quelques hommes jouaient aux cartes. Derrière le comptoir, une femme servait des verres d’Aguila, la bière locale, en silence. Chloé repéra immédiatement deux hommes assis au fond, la chemise froissée, les mains calleuses, le regard de rapace. Sur la table, à moitié recouverte par un journal, elle vit un objet en pierre polie, une figurine représentant un jaguar. Elle s’avança, posant ses mains sur la table. — Belle pièce, dit-elle d’un ton neutre. Les hommes se figèrent. L’un d’eux parla d’une voix rauque : — Ce n’est pas à vendre. Chloé esquissa un sourire froid. — Tout est à vendre. La question, c’est combien. Miguel lui lança un regard inquiet. Elle jouait un jeu dangereux, mais il savait que Mangouste ne provoquait jamais sans raison. — Où avez-vous trouvé ça ? ...