1. Tango avec les vautours à Bogotá


    Datte: 14/07/2026, Catégories: Humour #pastiche, #aventure, #personnages, Auteur: Laetitia, Source: Revebebe

    ... haut de l’immeuble qui lui faisait face. Lorsque les deux macaques se retournèrent et levèrent la tête, elle gratifia Macaque-à-la-batte d’un coup de pied dans l’entrejambe et lui arracha son bout de bois avant que le dit macaque ne se plie en deux, comme un transat qu’on range.
    
    Elle regarda Macaque-sans-batte-mais-avec-une-matraque. Ce dernier dut se dire que le moment était bien choisi pour quitter les lieux ventre à terre. Il fut suivi de Macaque-à-la-batte, sans batte maintenant.
    
    Le type restait donc seul sur le trottoir. Chloé s’approcha de lui, avant qu’il n’eût l’idée de reculer.
    
    — Je ne vais pas me répéter, machin, alors écoute bien ce que je dis. Là, tu vois, je prends l’avion. Je m’absente quelques jours. Mais je reviens bientôt. Si j’apprends que tu as encore importuné une demoiselle, ou bien encore si je te surprends à traîner autour de chez moi, je ne pourrai pas m’empêcher, et je te confirme que j’en ai très envie, mais que je me retiens, de t’enfoncer cet objet profondément dans le rectum. Compris ?
    
    Le type déguerpit à son tour.
    
    — Tsss… lâcha Chloé en jetant la batte dans le caniveau.
    
    L’air était plus frais qu’elle ne l’imaginait. À peine sortie de l’avion, Chloé « Mangouste » Maurecourt sentit l’altitude lui serrer la poitrine. Elle inspira profondément, sortit ses lunettes de soleil et balaya du regard le hall bondé.
    
    Elle passa la douane sans encombre, malgré l’air suspicieux du douanier, récupéra son sac militaire, discret, mais usé, ...
    ... ajusta les sangles sur ses épaules et remonta la fermeture de son blouson. Elle s’avança vers la sortie. Sa démarche restait souple, féline. Ses yeux balayaient l’espace tout sur 360 degrés, avec l’habitude de quelqu’un qui avait vu trop de zones de guerre. Mangouste n’oubliait jamais où étaient les sorties, ni qui pouvait l’observer.
    
    Le hall d’arrivées, n’était qu’un brouhaha constant. Des haut-parleurs grésillaient, annonçant des vols vers Medellín, Carthagène ou Cali, tandis que les chariots de bagages s’entrechoquaient. Des gens attendaient derrière la barrière, brandissant des pancartes. Un vendeur ambulant passait entre les rangs, criant :
    
    — Tinto, tinto ! Café caliente, barato.
    
    Des familles attendaient avec des bouquets de fleurs, des hommes d’affaires pianotaient sur leurs téléphones. Sur un mur, une fresque monumentale et colorée montrait un ciel constellé, un jaguar et une femme indienne, symbole de la résilience colombienne. Les couleurs saturées semblaient presque vibrer sous les néons.
    
    Dans le hall, une femme à la chevelure noire et au sourire franc la dévisagea un instant. Juste assez pour que Chloé croise son regard et sente un frisson la traverser. Ce n’était rien, juste un hasard, mais cela lui rappela que son cœur, sous les cicatrices, pouvait encore réagir.
    
    Un klaxon retentit lorsqu’elle sortit de l’aérogare.
    
    — Chloé !
    
    Elle tourna la tête. Sur le trottoir, son ami Miguel agitait la main. Grand, les cheveux poivre et sel, sa chemise fleurie ...
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